Don't open. Dead inside.

Avis sur Into Eternity

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C’est un documentaire qui raconte une histoire de cramés.
A tel point que ça sent le gros docu-fiction bien fake, la vanne un peu relou qui rappelle Opération Lune (vous savez, ce docu fiction diffusé sur Arte à cause duquel y’a toujours un lourdingue en soirée qui vous soutient qu’on a jamais marché sur la lune…).

Autant dire qu’après avoir rangé la cassette, j’ai passé une bonne demi-heure pour m’assurer de l’authenticité du projet. Après un tour sur google maps (La preuve ici !), je suis à court d’arguments pour réfuter l’existence d’un tel complexe.
C’est un vrai documentaire, avec des vrais employés qui parlent, avec des vraies images, et des vraies questions que des gens se posent.

Sorti du contexte, ça casse pas des briques. Du moins pour le premier degré de lecture.
On nous sert le classique format du documentaire chiant, avec pour moitié des entretiens des têtes du projet et pour l’autre moitié les images lassantes des entrailles du sous-sol finlandais.
Le tout divisé en chapitres dont les sujets, trop proches les uns des autres, enfoncent le rythme du film dans une mélasse assez épaisse.
Si certains cadrages sont réussi, ils se ressemblent tous et l’accumulation de plans identiques allonge la sensation de longueur qu’on éprouve tout au long du visionnage.
Du coté des entretiens, ça peine à avancer. Le manque de diversité des questions abordées, les répétitions formulées par différents acteurs alourdissent encore plus le format.
Le tout entrecoupé de plans d’ouvriers qui s’emmerdent, qui regardent l’heure histoire de nous rappeler que oui, c’est long…

Cependant à quelques reprises, le réalisateur apparait en frontal, dans l’obscurité, grattant une allumette dont la flamme peine à révéler les formes de son visage. Il parle alors et pose des questions, ouvre des axes de réflexions, jusqu’à esquisser un point de vue critique vis-à-vis du projet complètement ahuri dont il parle.
Ces apartés sauvent littéralement le film, et offrent un deuxième degré de lecture qui même s’il ne rattrape pas la réalisation laborieuse, exploite la démesure du projet et l’incroyable raisonnement des protagonistes. Ça va même plus loin : documentaire initialement dédié à l’histoire et à la critique d’un projet pharaonique, il se transforme en réflexion existentielle sur notre futur lointain (genre dans 100 000 ans.).
Et ça part totalement en vrille !

Ces gens sont fous !
Ils semblent sains d’esprit. Concernés par un problème grave qu’ils prennent à bras le corps. Ils donnent l’illusion de se battre pour le bien de l’humanité, pour son futur !
Mais ces gens sont fous. Complètement fous.
Ils sont habités par un projet démentiel destiné à durer 100 000 ans, ils sont allés tellement loin dans les hypothèses qu’on a droit à une déferlante d’idées de dingues, allant de la régression vers Neandertal jusqu’à l’achèvement de notre civilisation. De l’ère glaciaire jusqu’aux monolithes explicatifs pour prévenir les générations futures d’éviter l’endroit.
Ils doivent garder un secret des humains pendant 100 000 ans !
Ces gens-là passent leur vie à évaluer les meilleures solutions pour faire en sorte que jamais l’humanité ne pénètre ce lieu.
Interdire ? L’humain brave l’interdit.
Avertir ? L’humain est excité par l’avertissement.
Expliquer ? L’humain saura-t-il seulement lire ?
Ne rien faire, ne rien dire ?
Ils sont dans une bulle, ils sont possédés, ils sont tellement à côté de la réalité ! Certains diront que ce sont des visionnaires. Ils le sont peut-être, mais le genre humain décortiqué par des scientifiques, ça fait flipper !

Il en résulte un documentaire généreux et (très) ambitieux, trop timide dans sa réalisation. Un moment what the fuck comme on les aime. Malheureusement trop lent…
Malgré tout, allez-y ! C’est un des docus les plus fous que j’ai vu depuis une paye.

Ah puis j'ai oublié, mais balancer Edgard Varèse - "Un gand soleil noir" sur un immense rideau blanc entouré d'obscurité qui s'ouvre sur une mer de brouillard, on touche au sublime.

Sur ce, j’vais enterrer mon round’up. C’est dangereux le round’up.

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