Irréver-cible

Avis sur Irréversible

Avatar Nathan_E-B
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C'est un de ces soirs où y en a marre, de ces gens qui ont été chiants, j'en peux plus de ces gens et de ces colocs qui gueulent, de ces mecs cons et de ces mecs innocents. Ceux qui répondent plus, ceux qui n'ont jamais répondu, ce billet que je ne veux pas casser, et putain cette wifi qui me laisse pas finir le moindre truc de Konbini, qui m'oblige à ruser avec elle, à retourner 10, 20, 30 secondes en arrière pour revoir les mêmes conneries plutôt que de devoir attendre, le regard vitreux, devant cete boucle qui n'en finit pas. Je retourne sur la liste de mes envies, scrollant plus ou moins rapidement. Irréversible? Le film choc? La scène de viol de 3 minutes? Allons bon. Eh bien choque moi, choque moi film, tu m'énerves déjà à vouloir choquer. Choque.

La différence entre le film que je m'atendais à voir et le film que j'ai vu, c'est son intelligence. Genre pas une intelligence imparable à la Nolan, pas une intelligence sensible Mankiewiczienne, l'intelligence rare d'une cohésion parfaite entre un concept filmique, un message, une histoire, et une mise en scène. Car si Irréversible est choquant (sans blague), il est aussi d'une sensibilité et d'une délicatesse particulières. En témoigne ce "faux happy end". Maintenant, je peux le dire : "Bien joué, film. Tu m'as eu."

1. Le concept: raconter une histoire à l'envers. Partir d'un mot: le titre, qui supporte le message (2).

2. Le message: il est dit explicitement, à deux occasions: "Le temps détruit tout". Est illustré par une histoire (3).

3.L'histoire: un conte d'horreur. Le prince sauve la pricesse mais trop tard=vengeance=inutile. Comment faire ressentir cette futilité? La mise en scène (4).

4. La mise en scène: désagrémenter le spectateur d'abord (ultrasons pendant la première demie heure, caméra tourniquet, lumières clignotantes), peu à peu lui faire comprendre les enjeux (le placer -à travers la caméra- au milieu de la foule du nightclub, des policiers, des copains de Marcus, de la fête, comme s'il était un des leurs, un des policiers, des fêtards, des gays), le calmer (code couleur atténué, rythme apaisé, champ plus vaste et vide). Soit l'inverse d'un revenge movie traditionnel=le concept (1).

Un fim qui tourne en rond donc, comme une boucle qui ne s'arrête pas...tiens donc?

Tout tourne autour du spectateur. S'il ne s'arrête pas sur le film, alors bon il sera choqué en se remémorant des séquences choc. S'il le comprend, il en verra la beauté. Il est la cible qui tourne autour du pot. En restant sur la haine (encore une fois, Vincent on parle de toi), le goudron, le viol, l'extincteur (tout ce qui brille ne tourne pas forcément autour de toi Gérldine Nakache), il met à jour le pot au feu, mais n'ouvre pas la boîte de Pandore. S'il voit l'histoire et le message qui clignotent blanc sur noir devant lui, il découvrira le pot aux roses du jardin secret de Gaspar Noé.

Au fond de son arche, derrière cette bête de cinéma se cache un Pokémon tout doux au fond...

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