👉 20 mai : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

It Follows est un teen movie. Un teen movie certes, mais très éloigné de la comédie American Pie ou d’Hunger Games. It Follows est un film d’horreur. Le rite de passage à l’âge adulte est, comme souvent dans les teen movies, lié à la sexualité. Sauf qu’ici, ce rite est entaché par une malédiction faisant basculer l’innocence de l’enfance à l’horreur de l’âge adulte.

Une bande d’adolescents de la banlieue de Detroit doit faire face à une terrible menace qui pèse sur Jay, une fille du groupe. Infectée par une étrange malédiction suite à un rapport sexuel, Jay se retrouve pourchassée par une entité polymorphe. Cette entité n’est visible que par ceux qui ont été infecté et suit constamment, en marchant, la dernière personne de la chaîne. Le seul moyen de s’en débarrasser est de transmettre la maladie en couchant avec une autre personne.

La figure adulte n’est presque pas représentée dans It Follows excepté par de multiples formes prises par le monstre. Pire, celui-ci n’hésite pas à prendre l’apparence d’une mère ou d’un père pour tromper la vigilance de sa victime. Les protagonistes adolescents ne peuvent compter que sur eux-mêmes, ce qui donne lieu à des scènes très touchantes dans leur spontanéité.

La mise en scène jongle habilement entre de larges espaces donnant une fausse impression de sécurité, où la chose profite de la baisse d’attention de sa proie pour mettre la main dessus, et des espaces confinés où l'angoisse monte peu à peu à mesure que l’héroïne se sent acculée. Le spleen qui semble habiter tous les personnages se retrouve dans ce paysage déserté de Detroit parsemé de maisons abandonnées et de friches industrielles. Le réalisateur David Robert Mitchell originaire de la banlieue de Detroit parvient à instaurer un climat mélancolique, balayé uniquement par les moments de terreur où le monstre n’est plus une lointaine silhouette dans le champ de la caméra, mais une menace bien réelle à deux doigts d’attraper sa victime.

A l’instar de sa terrifiante créature, Mitchell prend son temps, distillant une paranoïa à ces adolescents contaminant le spectateur. La sensation d’oppression, d’inquiétude constante ouvre peur à peu sur un abyme de folie et de résignation. La première scène du film où une jeune blonde, las de devoir courir, s’arrête sur une plage déserte pour en finir une bonne fois pour toute est un avertissement. Baisse ta garde et tu finiras démembré.

En s’inspirant d’un cauchemar qu’il faisait souvent enfant, David Robert Mitchell écrit et réalise un film d’horreur de bonne facture. Lorsque l’on souffre d’une terrible allergie au jump scare, il est agréable de voir qu’il est possible de faire peur au spectateur sans avoir à user de cet artifice.

Vincent_Ruozzi
7
Écrit par

il y a 5 ans

49 j'aime

6 commentaires

It Follows
Kogepan
8
It Follows

Miii ._. (ou : les aventures d'une souris devant un film d'horreur)

Je ne regarde pas beaucoup de films d'horreur. J'ai les bases, j'aime bien occasionnellement me poser devant un bon gros film terrifiant avec une bière, un coussin (très important, le coussin) et mon...

Lire la critique

il y a 7 ans

125 j'aime

9

It Follows
Velvetman
8
It Follows

Only monster forgives

Où sommes-nous ? Ce bruit assourdissant, dissonant, qui nous parvient à la vue de ce quartier pavillonnaire tout droit sorti de Blue Velvet ou Donnie Darko. Une jeune adolescente peu vêtue sort de...

Lire la critique

il y a 7 ans

115 j'aime

9

It Follows
Sergent_Pepper
7
It Follows

Suivre et survivre

C’est sur un éblouissement propre à séduire le cinéphile peu connaisseur du genre que s’ouvre It Follows : une superbe leçon de mise en scène. Le plan séquence initial, tout en lenteur circulaire,...

Lire la critique

il y a 7 ans

110 j'aime

11

Whiplash
Vincent_Ruozzi
10
Whiplash

«Je vous promets du sang, de la sueur et des larmes»

Whiplash est un grand film. Il est, selon moi, le meilleur de l’année 2014. Une excellente histoire alliant le cinéma et la musique. Celle-ci ne se résume pas à une bande son, mais prend ici la place...

Lire la critique

il y a 7 ans

186 j'aime

11

Mad Max - Fury Road
Vincent_Ruozzi
9

Sur les routes de Valhalla

Je viens de vivre un grand moment. Je ne sais pas si c’est un grand moment de cinéma, mais ce fût intense. Mad Max: Fury Road m’en a mis plein la gueule. Deux heures d’explosions, de fusillades et de...

Lire la critique

il y a 7 ans

181 j'aime

21

The Irishman
Vincent_Ruozzi
8
The Irishman

Le crépuscule des Dieux

Lèvres pincées, cheveux gominés, yeux plissés et rieurs, main plongée dans sa veste et crispée sur la crosse d'un revolver, Robert De Niro est dans mon salon, prêt à en découdre une nouvelle fois. Il...

Lire la critique

il y a 2 ans

148 j'aime

10