Ultra moderne solitude

Avis sur JF partagerait appartement

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Juste la moyenne pour ce thriller à suspense, car en dépit de ses réelles qualités, je n'étais pas loin de m'ennuyer à plusieurs reprises.
La faute d'abord au genre proprement dit, ce type de thriller psychologique en huis-clos ne faisant pas partie de mes préférences ciné.

J'ai trouvé le scénario trop linéaire, puisqu'en dépit des quelques rebondissements du récit, la trame principale n'évolue guère et on en devine aisément les grandes lignes. Par conséquent, "Single white female" manque de souffle et de surprises dans son déroulement (et dure sans doute un quart d'heure de trop).

Dernier reproche : en terme de mise en scène, la majorité des scènes d'action (les "bagarres") s'avèrent maladroites et peu percutantes.

Heureusement, le film de Barbet Schroeder jouit aussi d'un certain nombre de qualités, qui lui permettent de dominer la concurrence dans ce genre du thriller domestique cher à Hollywood au début des années 90 ("Sliver", "The hand that rocks the craddle", "Pacific heights"...).

Ainsi, la bâtisse new-yorkaise choisie par Schroeder (l'hôtel Ansonia) contribue à la réussite du film : sa façade gothique et effrayante, ses couloirs et escaliers immenses, son matériel vétuste (l'ascenseur, les conduits d'aération qui propagent le son) instaurent immédiatement un certain malaise, renforcé par la bande originale signée Howard Shore.

D'autre part, le film peut s'appuyer sur deux jeunes comédiennes plutôt douées (Bridget Fonda et Jennifer Jason Leigh), au physique androgyne similaire, qui en outre n'ont pas froid aux yeux et permettent au réalisateur suisse de jouer la carte de l'érotisme soft, distillant ainsi une pointe de subversion supplémentaire.

Enfin, le casting masculin, composé de seconds rôles méconnus mais convaincants, apporte régulièrement au récit son lot de respirations bienvenues, entre le petit ami amoureux mais volage (Steven Weber), le voisin gay (Peter Friedman) et le patron abusif (Stephen Tobolowsky, caricatural).

Voilà donc un petit thriller ancré dans les années 90, loin d'être inoubliable malgré son grand succès commercial à l'époque, au sein duquel la patte auteurisante de Barbet Schroeder apparaît anecdotique ; on la ressent néanmoins au détour d'un dialogue ou d'un plan, permettant ainsi à "Single white female" de se distinguer légèrement du tout-venant hollywoodien.

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