Le mariage de Jacky ou la journée aseptisée

Avis sur Jacky au royaume des filles

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Riad Sattouf est un auteur de bande dessinée. Cela se ressentait déjà dans son précédent et premier film, Les beaux gosses. Il utilisait ce procédé pour filmer les signes extérieurs sexuels des personnages. Dans son deuxième film, ce sont les différents visages des personnages qui nous permettent de découvrir ce monde "à l'envers". Il y a bien sûr Jacky, obsédé par la colonelle (interprétée par Charlotte Gainsboug), sa mère (son seul soutien), le meilleur ami de son père décédé, ses cousins plus beaux et plus riches que lui, la shériffe, la fille de l'épicière qui est folle amoureuse de lui,... Riad Sattouf les identifie par leur mimique (visuelle, gestuelle ou parlée)
De nombreux personnages qui n'existent que par rapport à Jacky. Certains l'aident et beaucoup lui mettent des bâtons dans les roues. Outre son entourage, le monde dans lequel il vit est en soi un obstacle. C'est dans la présentation de ce monde que Riad Sattouf montre une véritable efficacité. Utilisant tous les clichés connus des dictatures (surtout communistes), le réalisateur explique l'absence de révoltes et la faiblesse de caractères par cet univers très étouffant. Des villages sans vie où les maisons sont des barraquements identiques, où l'épicerie est un lieu aux murs délabrés et étagères métalliques vides, où la potence est le coeur de l'intérêt des habitants,...
Au milieu de ce monde sans caractère et complètement annihilé, Jacky veut vivre un conte de fées. Jacky essaye d'atteindre la seule magie qui existe autour de lui. C'est dans le passage de la présentation du décor aux péripéties de l'histoire que la réalisation se perd un peu. Tous ces personnages ne servent plus à rien. Les décors dont celui très attendu du palais ne sont pas du tout exploités.
Quant à la fin, une sorte de pied de nez à l'idée d'un peuple éclairé et avide de liberté, elle ne fait pas complètement mouche en raison d'une histoire qui a perdu son message dénonciateur.
Riad Sattouf a gardé l'idée de Beaumarchais selon laquelle il vaut mieux rire des chose que d'en pleurer mais a oublié la folie.

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