Femme au bord de la crise de nerfs

Avis sur Jalouse

Avatar Elsa la cinéphile
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Karin Viard est toujours aussi étonnante et sublime, dans ce rôle de mère quadra divorcée, qui devient jalouse de tout, y compris de sa fille ...

Elle vit une crise existentielle qui va toucher tous les pans de sa vie et va d'abord la rendre agressive, jalouse (c'est le titre !), l'éloigner de ses proches, et finira par la ruiner, au point qu'elle ne va plus se reconnaître.
Comment saura t'elle rebondir ? Tout le suspens est là.

Ce film traite d'un problème fréquent qui peut se poser à certaines femmes, à l'aube de la cinquantaine, quand elles se voient vieillir, et que parallèlement, leurs filles se développent, deviennent femmes, au point que les mères imaginent qu'elles veulent leur voler leur place.
Cela peut donner, comme c'est le cas ici, des réactions totalement irrationnelles de rejet, d'agressivité, qui risquent de toucher tout leur entourage. Elles ne maîtrisent pas tout et elles sont vite dépassées par ces sensations et ces sentiments étranges qui les assaillent.

Nathalie devient alors un démon : elle clache sa fille qui n'a rien fait, éconduit son amoureux, agresse sa nouvelle collègue, est méchante avec sa meilleure amie ...
Quand elle réalise jusqu'où l’entraînent ces comportements, elle sombre dans une dépression.
La piscine, une rencontre avec une vieille dame, le retour sur soi, la réflexion, vont lui permettre de se sortir de ce mauvais pas et de se retrouver en elle-même.

J'ai trouvé les frères Foenkinos toujours aussi subtils dans la description de la psyché humaine. On en redemande !

Ils ont décrit Jalouse comme un mélange entre Tatie Danielle et Une femme sous influence : "Est-ce une comédie ? Un drame ? Disons que c’est la crise d’une femme avec des situations totalement risibles, et d’autres graves ou désespérées. Nous aimons quand le ton oscille sans cesse entre la comédie et le portrait intime. Ce qui est primordial c’est le réalisme psychologique même dans les moments les plus aberrants."

Ils ont écrit Jalouse en pensant à Karin Viard dès le départ, et celle-ci a immédiatement accepté le rôle.

La comédienne se confie sur son rôle dans Jalouse : "J’ai immédiatement été tentée par le rôle de Nathalie. On nous raconte souvent des histoires de femmes qui abordent la cinquantaine en ayant envie de coucher avec des hommes plus jeunes, ou d’autres qui sont tout simplement au bout du rouleau. Ici c’est un personnage complexe, comme je les aime, qui n’est pas doté d’une seule couleur. Puis j’ai trouvé le script très bien écrit, avec des rôles secondaires fouillés et un thème finalement assez peu traité. J’aime aussi le titre Jalouse, plutôt punchy, qui définit d’emblée le personnage."

Je mettrais un petit bémol sur le manque de dynamique du film qui collectionne un peu les scènes les unes à la suite des autres et qui, bien que relevé d'un zeste de comédie, montre une certaine banalité.

On est sur des rails bien guidés; il n'y a donc pas de grande surprise. Les rebondissements sont assez attendus, donc c'est un film rassurant, ce qui peut être très agréable à voir, j'en conviens.

Heureusement que Karin Viard est là pour nous éclairer car limite, si on se serait pas un peu ennuyés par moments.

En conclusion, je peux dire que si j'ai préféré La délicatesse des mêmes frères réalisateurs, moins attendu et moins classique par le scénario et par les personnages, j'ai quand même apprécié ce petit film attachant et drôle par moments.

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