Jamais de la vie : Noir c'est noir

Avis sur Jamais de la vie

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Ce début d'année annonce t-il un nouvel élan pour le film noir français ? Dans un genre on ne peut plus différent, L'Affaire SK1, sorti en janvier dernier infligeait déjà une sévère claque au spectateur. Alors que le public tend (consentant) l'autre joue, cette fois c'est Pierre Jolivet qui régale.

Frank a 52 ans. Ancien syndicaliste, il travaille dans un centre commercial comme gardien de nuit. Encore hanté par ses combats d'hier, il voit l'occasion de se ressaisir lorsqu'un 4x4 rôde de manière fréquente sur le parking du supermarché. Pour lui, quelque chose se prépare, quelque chose qu'il ne laissera pas faire.

Pierre Jolivet frappe fort. Jamais de la vie est un bijou d'une noirceur absolue. À travers son personnage principal, le réalisateur dresse le portrait d'une classe moyenne qui tente tant bien que mal de joindre les deux bouts. Subtilement écrit et avec une mise en scène aussi sobre que crépusculaire, le film vous happe dès ses premiers plans nocturnes pour ne plus vous lâcher.

Le long métrage ne pouvait rêver meilleure incarnation qu'à travers Olivier Gourmet. Ce boulimique de cinéma est de nouveau exceptionnel. Que se soit en traînant sa grande carcasse de rayons en rayons ou à travers la façon dont il regarde une Valérie Bonneton à fleur de peau, le comédien bouffe littéralement la pellicule avec une simplicité déconcertante.

Alors que son personnage sent la rage d'antan le consumer peu à peu, le film passe de la chronique sociale au polar avec la même aisance. Là, Jamais de la vie pointe du doigt une part d'ombre. Celle d'une société française qui, avec son lot de difficultés, pousse plus d'un individu vers l'irréparable. Un constat amer et terrassant pour un film qui se dresse déjà dans le haut du panier de cette année 2015.

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