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Je suis timide, mais je me soigne par Alligator

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Dans les films de Pierre Richard que j’ai revus récemment, celui-ci est pour le moment sans doute le plus décevant. Il souffre d'un manque de rythme effrayant, qui casse la dynamique du récit que l’histoire laisse à peine deviner. Je ne crois pas en effet que le scénario soit pris fondamentalement en défaut.

On voit très bien ce qu’espéraient Jean-Jacques Annaud, Alain Godard et Pierre Richard, une sorte de quête initiatique pour le personnage principal. Pierre (Richard) aidé par Aldo (Maccione) entreprend un long apprentissage pour se défaire de sa timidité excessive et handicapante. La trame est linéaire, tout à fait logique, agrémentée de petites scénettes rigolotes. Ça coule de source… sur le papier.

Le problème vient de la mise en image, ou plus généralement de la mise en scène beaucoup trop statique, trop peu imaginative et vivante, peut-être aussi d’un montage excessivement laxiste. Les séquences apparaissent trop longues, mal coupées. L’action ronronne et on n’est pas loin de s’ennuyer parfois. Un vrai gâchis que la photographie terne souligne sur le plan formel.

Dommage, car il y a de bonnes idées, mais qui ne peuvent aboutir totalement, faute de percussion. Pourtant, le film eut un petit succès. Il est vrai que Pierre Richard jouissait d’une grande popularité et qu’Aldo Maccione commençait également à trouver son propre public. Aujourd’hui, ce succès apparaît tout de même mystérieux. On sourira devant les participations réjouissantes de Robert Castel, de Catherine Lachens ou Jacques François. Le duo Aldo Maccione / Pierre Richard forme une association plutôt réussie, qui fonctionne bien. On a le sentiment d’une bonne dynamique, d’une entente plein de joie et d’envie entre les deux comédiens. Mais cela ne suffit pas. Cela ne transparaît pas assez à l’image de façon à produire un spectacle explosif comme on s’y attendrait.

Non, c’est bien plutôt l’habillage, la manière de filmer très impersonnelle, la mise en scène un brin pataude qui laisse la déception l’emporter au final. Mou, c’est trop mou.

Captures et trombi

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