Je suis une bouse.

Avis sur Je suis une légende

Avatar Errol 'Gardner
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Au début, ça va. Il y a une ambiance qui se met en route. Et puis, le "post-apocalyptique" je n'y résiste pas (même l'odieux Waterworld, je l'aime beaucoup), comme le fumet des saucisses qui grillent au barbecue chez mon voisin, c'est viscéral. Formellement, quelque chose se dégage très vite, un truc relativement correct te fait poursuivre le visionnage, même si tu perçoit déjà des verrues et ignominies qui te font grimacer. Une bonne touffe de cheveux dans la soupe quoi. Beaucoup de choses m'ont déplu. Celles qui me viennent d'abord à l'esprit sont ces zombies numériques, verts de gris, laids, affreusement ratés, qui cassent l'ambiance et l'impression de réalité dans lesquelles les (bons) films réussissent à nous plonger. Finalement, le fait de les suggérer aurait été autrement plus convaincant, et plus « cinématographique ». C'est d'ailleurs quand on ne voit pas ces choses immondes que le truc du film fonctionne (et à repenser à ces pseudos morts-vivants contaminés qui ne peuvent vivre que dans la nuit, on est en droit de se dire que les progrès numériques ont fait beaucoup de chemin en 9 ans. 2008, c'est déjà loin putain...). Donc, certains effets spéciaux ont mal vieilli, au point de préférer les toges noires proto-Star Wars de ces « hommes de l'ombre » du film original dont il est issu (« Le Survivant » avec ce bon vieux Charlton Heston). Ce qui est sûr, c'est que les effets spéciaux ici n'ont pas survécu.

Dommage... certains aspects du film auraient mérité un tout autre traitement : le sentiment de solitude, le manque de relations sociales. Tous ces sujets, même effleurés, amenaient le film à s'écarter de son statut de blockbuster (ce qui est peut-être la raison pour laquelle ils ne sont qu'effleurés). Dommage, vraiment. Quand Will Smith cultive son maïs, et parle d'une femme, en réalité un mannequin, à son chien, il y a quelque chose de touchant. Mais bon, que voulez-vous, on est dans un gros truc à fric, alors il faut que ça pète, que ça brûle, que ça fume, que ça pétarade, et (forcément) il faut des grosses scènes d'actions complètement lourdingues. Avalanche de clichés, aussi, forcément : la femme qui fait son apparition à la fin, ...quelle beauté. En fait, il aurait fallu, pour que ça fonctionne, que ce soit une femme quelconque, et physiquement … pas aussi avantagée. Oubliable, fade. Un ensemble de caractéristiques qui feraient se raccrocher à une forme de réalité. Idem pour le chien, seul compagnon du personnage de Will Smith, il aurait fallu un truc sale, un bâtard à puces, un caniche ou un pékinois. Pas un berger allemand au pedigree parfait, crocs blancs nettoyés à la brosse à dent, le corps entier lavé à chaque prise.

A la décharge du film, je l'ai visionnée dans une version horrible, un vieux machin de qualité médiocre, et en français. Alors forcément, lorsqu'on voit Will Smith chanter du Bob Marley, dans son doublage français... On peut éclater de rire, ça a été mon cas.

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