Si le calvaire du quotidien se prolonge chez soi, alors il n’y a plus de sécurité, ni pour le corps ni pour l’âme. Gabriel Maz et Dorine Pujol ont bien étudié la question en sélectionnant Aliénor Seydoux dans le rôle d’une femme déterminée à se ranger du côté de la Justice, celle qui ne semble plus exister une fois avoir traversé la porte de son domicile… Sa consistance en tant que professionnelle l’adoube, telle une femme forte et indépendante, que l'on accompagne et dont on soutient les ambitions. Sous les feux d’un incroyable plan-séquence, l’œuvre s’articule sur cette dernière branche d’une journée remplie, mais qui peut encore alimenter d’autres problématiques.


L’exercice de style s’adapte aisément à la situation, offrant ainsi un parcours clair et défini, avant d’étudier le parallélisme des propos. Il n’est pas étonnant de jouer avec tant de décors, qui semble si banal et pourtant authentique dans une vie de couple. Les étapes d’une relation sont marquées dans chaque pièce et le mouvement induit une perpétuelle transition, avec l’inconnu à explorer. L’appartement se transforme alors en cellule, dont les barreaux confinent les libertés de l’héroïne. Wallerand de Vaugelas incarne ainsi sa moitié, mais également sa névrose sous de multiples visages. Chaque changement est pertinent et reste justifier par le hors champ. Cette femme reste pourtant seule, dans son cadre, dans son intimité, malgré la proximité de son amour, pour le meilleur et pour le pire.


Tout comme elle, le spectateur est plongé dans un univers immersif, d’une maîtrise qui gère habilement l’attraction et la répulsion. Pas besoin d’être plus malin que le scénario pour comprendre que le traitement réservé à la gente féminine peut aisément appuyer une cause recyclée à souhait. « Je t’aime » aura pourtant l’audace de renouveler l’intrigue, en modernisant les enjeux sociétaux et en y injectant plus d’informations et d’émotions qu’il n’y parait. La dualité, les opposés, tout se met en place dans un timing qui s’ouvre à la confrontation et qui se ferme au débat. Tout n’est pas vraiment bon dans le « cochon » et cette graisse infâme dégouline de chacun de ces trois mots si intimes et pourtant impersonnels.

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8
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Le 13 juin 2020

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