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Le Clint dont on se fout !

Avis sur Jersey Boys

Avatar Musashi
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Le grand Clint Eastwood, acteur de renom (Dirty Harry, le bon la brute et le truand...), réalisateur de génie (impitoyable, sur la route de madison, million dollar baby...) revient avec un nouveau film...Mais tout le monde s'en fout !
Pourquoi ? Et bah...Pour pleins de raisons. Une promo inexistante, un casting quasi inconnu (à l'exception du grand Christopher Walken qui vieillit pas très bien), un sujet pas très passionnant qui est ENCORE un biopic sorti en plein été (pas franchement la meilleure décision de la Warner surtout au vu de la durée du film) et qui fait suite aux moins bons films de l'inspecteur Harry.

Mais au final ça donne quoi ? Et bien même si le film ne marquera pas la carrière du réalisateur tant il est classique dans sa forme comme dans son propos, il n'en reste pas moins maitrisé. La première partie du film s'attarde à nous présenter l'environnement des personnages devenus des voyous pour s'en sortir mais qui n'oublient pas leur passion pour la musique qui finira par devenir leur issue de secours. Tiens, un sujet qui pourrait plaire à un certain Martin Scorsese et ça Clint le sait tant il multiplie les références à ce dernier. D'une scène de casse à une narration face caméra ou voix-off en passant par un personnage qui a une allure à la Jake Lamotta, toute la première partie évoque le cinéma scorsésien.
Le film pose bien souvent également la question de la légitimité de ce succès, de ce destin dont les personnages sont au final plus pris qu'ils ne le maitrisent. Un regard presque amusant qu'on pourrait faire sur le destin de Eastwood himself.
Esthétiquement le film oscille entre laid et potable. Le film évoque les films d'époque par sa lumière et ses tons sans pour autant à parvenir à en capturer l'essence. Le jeu de clair/obscur qu'insère Clint ici donne une impression de facilité alors qu'il ne reproduit qu'une ambiance mais tellement daté qu'on y croit pas réellement.
Un peu comme cette narration qui se déroule sur de nombreuses années (décennies ?) mais dont on ne parvient jamais à saisir le temps dans lequel nous nous trouvons. Une coupe de cheveux, un costume, une barbe nous montrent bien qu'on est pas au même moment que la scène présente mais quand nous trouvons-nous ? Cette question distille la crédibilité du film qui n'a pas l'espace temps qu'on aime saisir dans ce genre de film (pour un biopic qui plus est). A coté de ça, rien ne déborde, tout est impeccable. Mais justement tout est trop impeccable à un tel point que ça en devient énervant. Rien ne vient réellement titiller une excitation, un frémissement digne de ce don, quelque chose qui ferait de ce film plus qu'un biopic bien foutu.

Chapeau bas à la fin qui parvient à rendre tout le récit précédent exaltant tant le flux narratif est pour une fois maitrisé.

En somme un bon film très bien maitrisé sans le moindre débordement mais qui justement frustre par moment tant ces conflits et ces obstacles sont loin d'être ressenti et par une absence totale de repères temporels perdant ainsi le spectateur dans un bourbier temporel décrédibilisant la force dramatique du film.

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Jersey Boys est une œuvre produite par Warner Bros©, découvrez la Room 237 de SensCritique.

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