Loups, rides

Avis sur Jin-Roh - La Brigade des loups

Avatar Konika0
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Ce film traîne dans ma liste de trucs à voir depuis bien trop longtemps. C’est Lettre à Momo, vu récemment, qui me met le pied à l’étrier. On est dans un japon uchronique des années 1950. Après la guerre, le pays a été occupé par les nazis et un régime autoritaire s’y est installé. Après le départ des Allemands, le régime survit. Peu à peu, une résistance s’est formée pour contrer les projets de ce gouvernement. Pour lutter contre ce mouvement clandestin, une unité spéciale est crée pour épauler la police régulière. L’unité Panzer, lourdement armée et entraînée par un conditionnement psychologique traque sans relâche ce mouvement appelé la Secte. Un jour, lors d’une intervention, un homme de l’unité est pris d’un doute. Ce doute ne le quittera plus. En toile de fond, la guerre des polices fait rage, d’autant qu’une légendaire unité panzer dissidente, la Brigade des Loups, projetterait de contrer les plans de tout ce beau monde. Oui, c’est dense. Et d’ailleurs, l’introduction nous expliquant le contexte est assez longue. Notre panzer plein de doutes est le personnage principal du film. Et c’est par ses yeux que les pièces du puzzle politique s’ajoutent. Et quand une jeune femme vêtue de rouge lui offre le conte du Petit Chaperon Rouge, c’est un sacré morceau qui vient compléter notre puzzle. Ainsi donc, deux intrigues se déroulent en parallèle : le thriller politico-militaire et l’adaptation onirique du conte de Perrault (ou plutôt Grimm ici). On est rapidement troublé par l’utilisation de l’esthétique du IIIe Reich et par les nombreuses références à l’armée allemande, un savant mélange d’images anciennes et d’ambiance très contemporaine. Mais ce qui fonctionne le mieux, outre ce scénario alambiqué aux nombreux tiroirs, c’est la mise en scène. On tient là un véritable thriller efficace à la narration solide et surtout aux images bluffantes. Tout rappelle le cinéma américain dans ce qu’il sait faire de mieux, du Mann, du de Palma, du Pollack, du pakula. Le film s’étire dans une lenteur qui n’est jamais de la mollesse. Il prend le temps de nous faire ressentir l’ambiance urbaine de ce Tokyo qui n’a jamais existé. Un vrai succès donc, qui fait doublement regretter la faible présence d’Okiura « derrière la caméra ».

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