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Jobs par Christine Deschamps

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Deuxième film en une semaine sur Steve Jobs, jusque là un inconnu ou presque pour moi. A part pour ses apparitions épisodiques en col roulé, un petit gadget coûteux et novateur à la main devant des écrans géants, il passait totalement en-dessous de mes radars. J'ai peu de fascination pour la technologie, que voulez-vous... Malgré tout, me voilà édifiée sur celui que les gens ont pleuré à sa disparition et célébré comme le Léonard de Vinci de notre temps. J'ai l'esprit de contradiction, tout cela me semblait hautement suspect. Ce ne sont pas ces deux films qui m'auront réconciliée avec les idoles que nous plaçons la plupart du temps abusivement sur des piédestaux, puisqu'il en ressort que le gars était âpre au gain (pour ne pas le formuler de façon plus négative), clairement caractériel et prêt à tout pour parvenir à ses fins, y compris à poignarder ses plus proches amis dans le dos (et ce dès la première heure). Un bienfaiteur de l'humanité, en somme. Là-dessus, on pourra épiloguer sur ce qui peut ressortir de la conception d'une technologie censée prolonger l'homme quand la vision de l'homme sous-jacente émane d'une personnalité pareille, mais ça dépasserait mon propos ici. Par contre, je peux dire que le film, qui commence de façon relativement gaillarde pendant la période hippie du héros, se fige nettement quand survient le changement de caractère inquiétant du protagoniste, au début plutôt cool. C'est volontaire, bien entendu, mais on se retrouve un peu englué dans l'univers déshumanisé des start-ups de la Silicon Valley, ces entreprises censées flatter le nain régressif qui sommeille à peine en nous tout en pressant leurs collaborateurs comme des citrons dans un système extrêmement concurrentiel, et j'avoue que ça m'a tout de suite pesé. D'autant que les dialogues sont éminemment artificiels, notamment dans les moments chargés émotionnellement, appuyés par des musiques trop littérales et portés par des acteurs qui n'hésitent pas à en faire des caisses. Je prends comme exemple la scène ou une sorte de Peter Jackson croisé avec un bon briard vient dire à Jobs qu'il ne le reconnaît plus et qu'il le quitte... je vois mal pareille scène, larmoyante à souhait, se produire entre deux potes depuis 25 ans... ça tire un peu vers le mélo cheap, par moment. Mais ça se regarde.

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