L'oeuvre inachevé d'un génie ou d'un fou ???

Avis sur Jodorowsky's Dune

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1977, l'ambitieux projet d'adaptation de Dune par le duo Jodorowsky / Seydoux tombe finalement à l'eau faute de financement après près de 4 ans de pré production. Ce documentaire revient sur cet échec en racontant notamment ce qu'il aurait du être, comment Jodorowsky a réussi à réunir sa dream team pour conclure avec l'héritage laissé par ce projet dantesque. Un documentaire qui s'avère intéressant à plus d'un titre, d'abord parce qu'il va nous donner une vision du projet, ensuite par l'incroyable constitution de l'équipe et enfin par l'héritage que ce film inachevé aura malgré tout laissé.

Le documentaire peut se diviser en 3 parties distinctes. Dans un premier temps on revient sur le début de carrière de l'ovni Jodorowsky et de sa collaboration avec Seydoux avec ses 3 films "Fando et Lis", "El Topo" et "La montagne sacrée". Les extraits inclus dans le documentaire illustre parfaitement le côté très atypique du réalisateur.

Enfin vient la seconde partie, l'élaboration du Dune de Jodorowsky. Et cet élaboration commence fort car Jodorowsky décide dès le départ de coucher sur le papier son film. Mais attention, il ne veut pas coucher sous la forme d'un script traditionnel, non, ça sera un story-board complet et très détaillé... et pour cela il va travailler avec rien de moins que Moebius. On découvre déjà un travail préparatoire et une identité visuelle au fort potentiel. Et le documentaire enchaîne la constitution de la dream team avec des coups de chances ou de génie incroyable pour réussir à convaincre. Car oui, y a du lourd de prévu dans la vision de Jodorowsky qui veut faire de son film LE film de l'humanité avec ses "spiritual warriors". Folie des gradeurs ??? Qui mieux que Dali en tant qu'Empereur Padishah pour illustrer cela !!! L'histoire de leur rencontre, de leur conversation et des exigences de Dali clarifie tout de suite l'ambition un peu folle de ce Dune. Et on continue avec un Carradine prévu pour Leto Atréide, Orson Welles comme baron Vladimir Harkonnen, Mick Jagger pour Feyd-Rautha, Udo Kier pour le mentat Pitier de Vries, Amanda Lear pour Irulan (exigence de Dali)... et pour Paul Atréides, hop, le propre film de Jodorowsky. Mais les recherches de la dream team ne vont pas s'arrêter là puisque pour la musique on va aller voir Pink Floyd (Atréides) et Magma (Harkonen) et on va compléter les concepts artistiques avec Foss (aux vaisseaux spatiaux), Giger (aux Harkonen) ou bien encore O'Bannon !!! Le plus dingue dans cette dream team ce n'est pas sa composition en soit (quoique), mais c'est comment Jodorowsky les approche et arrive à les convaincre.

Et là, niveau anecdote c'est des plus savoureux avec Dali, la "corruption" de Welles en lui promettant que son chef cuisinier de son restaurant préféré lui fera la cuisine tous les jours lors du tournage ou bien encore la "bousculade" des Pink Floyd qui "osent" manger des hamburger alors que Jodorowsky arrive pour leur proposer de participer au film de l'humanité... Et que dire du choc avec Trumbull qui n'a pas l'âme des spirituals warriors et qui ne manque pas d’égo non plus. L'ensemble nous donne un Jodorowsky mêlant culot, audace, rigolade et égo démesuré. Et ce ne sont pas les interventions des intéressés qui nous contrediront. Tout cela a pour effet de donner un aspect sympathique au personnage tout en donnant une dimension épique et dantesque au projet de son Dune. Tel la tétralogie de Wagner, on nous dépeins une oeuvre dont on ne saurait si elle est issue d'un génie ou d'un fou.

Enfin arrive le cruel moment du financement raté et de l'héritage du film. Tout sur le papier semble avoir était bien préparé, le story-board archi complet, la dream team... et pourtant non, Hollywood n'en voudra pas à cause simplement de Jodorowsky jugé trop atypique et qu'il fait peur. Et là, en se rappelant de la petite rétrospective du début du documentaire on peut comprendre les studios hollywoodiens. Vient alors l'héritage et les parfois très troublantes ressemblances entre le story-board de Dune et les autres productions. Des comparaisons pas toujours justifié, notamment Star Wars, dont la pré production débuta en 1973 pour un tournage en 1976 avant de sortir sur les écrans en 1977... Mais les références dans Flash Gordon, Les maîtres de l'univers, Terminator... oui, on sent que pas mal de monde a dû voir le story-board de Dune aux seins des studios... Beaucoup de "déception" de la part de Jodorowsky lorsqu'on aborde Alien où Hollywood a littéralement volé son équipe (Moebius, Giger, O'Bannon). Mais ces inspirations et cet héritage ne se résume pas qu'à Hollywood et Jodorowsky nous explique et nous dit clairement que ses Incal (toujours en collaboration avec Moebius) et Méta-barons sont des héritiers direct de son Dune, reprenant des designs, des mise en scène ou bien des concepts.

Et impossible de passer sous silence l'incontournable question du Dune de David Lynch. Grosse rigolade quand on aborde la chose, au début déprimé qu'un Dune se fasse sans lui... par l'un de ses réalisateurs préférés en plus, le pauvre Jodorowsky sera poussé au cinéma par ses fils et là, plus le film avance, plus c'est le soulagement et joie : celui-ci n'est qu'une horrible catastrophe !!! Que voulez-vous, c'est humain XD

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    Affiche The Revenant

    Cinéma 2016

    Avec : The Revenant, Zootopie, Kung Fu Panda 3, Jodorowsky's Dune,

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