Comique de répétition

Avis sur Joker

Avatar Xavier Watremez
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Très loin de l'interprétation sublime et hors-normes de Heath Ledger, JOKER nous fait surtout voir une pathologie: celle subie au jour le jour par Arthur Fleck, un artiste au service de l'animation de centres commerciaux divers. Et au cas où l'on n'aurait pas compris, ces scènes de convulsions nous sont répétés tous les 1/4 d'heure.

Film au ciel et à l'ambiance terne, JOKER nous présente donc nombre de ses intervenants dont on ne sait pas toujours s'ils existent vraiment du fait de la maladie centrale d'Arthur Fleck, qui est de mélanger réalité et fiction sans trop distinguer les deux. Le sujet de JOKER est donc à propos d'un trouble clinique et cela réjouira certainement le public de nos amis apprentis-psychiatres, excepté qu'on est justement venu voir un film avec le Joker. Mais peut-être l'audience médicale est-il plus importante de ce que nous croyons et que des docteurs et infirmières joueront un rôle prépondérant dans la nouvelle série des Batman à venir, ou alors Doctissimo a des parts dans le budget de cette production. Après tout, le Joker est aussi un savant chimiste et chacun sait que les deux choses sont très liées.

En tout cas, passé la troisième bobine, on ne sait plus trop nous-mêmes en quoi consiste l'arc narratif de cette histoire sinon en vérité ce que nous faisons là dans cette salle en train de bouffer du pop-corn et de regarder le quotidien glauque de quelqu'un sans véritable travail ni famille ni argent qui va passer à l'acte. Et dont on est sûr qu'il passe la nuit de la Saint Sylvestre et le jour de l'An seul devant sa télé. Seuls une scène de métro change quelque peu la donne bien qu'on a pourtant l'habitude de voir ces quelques minutes dans des

slashers

de genre au flot de sang rouge carmin.

Cela étant sans doute suffisant pour faire fantasmer les petits bobos dans leur cocon douillet, aux nombreux amis généreux, et au travail passionnant dans une cité formidable et accessible. Je ne détruirais pas l'intrigue mais il y a aussi dedans Robert de Niro qui incarne un rôle paradoxal pour sa carrière. Ceci ajoutant un point en plus à ma note plus vraie que nature (si il y a quelques curieux que ça intéresse.)

Les autres seront désolés pour ce type éclairé en pleine gloire au soleil des sunlights en souhaitant que la fin alambiquée arrive rapidement. Mais Todd Philips a réussi son coup; son objet commercial est un film américain sérieux considéré par tout un tas de gens (et surtout par Télérama) et le tout a eu et a encore un succès mondial énorme - Verra-t-on cela un jour en France ? J'en doute juste un peu... - même si la somme est un peu comme les pochettes-cadeaux de Kinder: il n'y a pas grand-chose dedans sitôt le papier d'argent ôté.

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