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Journey to the West: Conquering the Demons par cherycok

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Cela faisait plus de quatre ans que Stephen Chow avait quasi complètement disparu des écrans, aussi bien en tant qu’acteur que réalisateur. Quatre ans que ses fans attendaient avec impatience son nouveau film. Ce n’est donc pas un hasard si depuis sa sortie le 10 févier en Chine (quelques jours avant à Hong-Kong et Taiwan), Journey to the West : Conquering the Demons fait péter tous les scores au box office local, engrangeant pas moins de 137M $US en à peine un peu plus de 10 jours. Le succès est bel et bien au rendez-vous pour un film au final pas grandiose mais tout de même des plus réjouissants.

Pour cette nouvelle réinterprétation du roman classique chinois Journey to the West, Stephen Chow a décidé de rester derrière la caméra, ne proposant qu’un petit cameo très discret (saurez vous le retrouver ?), et est aidé de Derek Kwok qui nous a pondu en 2010 un excellent Gallants.
Le scénario va s’intéresser ici sur comment le moine Xuan Zang va se lancer dans la chasse aux démons et découvrir l’illumination ainsi que le vrai sens du mot amour, le Roi Singe n’étant présent qu’en toute fin du métrage contrairement à la version de 1994 où il était le personnage central. Ses péripéties vers l’Ouest accompagné des trois démons (singe, cochon et poisson) ne devraient se faire que dans un deuxième temps car tout porte à croire, aussi bien le titre du film que la fin de ce dernier, qu’une suite verra le jour, voire plusieurs. Et vu que le succès au box-office est au rendez-vous, il y a fort à parier qu’on devrait en entendre parler rapidement.

Alors, est-ce qu’un film de Stephen Chow mais sans Stephen Chow dans le rôle titre peut ressembler vraiment à un film de Stephen Chow ? La réponse est oui, oui, et oui tant on ressent sa touche à chaque scène. L’introduction dans le petit village de pécheur est d’ailleurs un monument à elle toute seule, complètement barrée à la fois visuellement que sur ce qu’il s’y passe et met directement dans l’ambiance. On la regarde le sourire aux lèvres et ce dernier ne nous quittera que rarement durant le toute la première moitié ainsi que dans le final, la deuxième moitié étant un peu moins passionnante que le reste.
Il faut dire que le film enchaine les scènes complètements barges et souvent très cartoons, jusque dans les bruitages et même dans les grosses giclées de sang qui servent ici la comédie. La scène du mécanisme du faux sang qui ne s’arrête plus est juste à mourir de rire tant c’est du n’importe quoi, sans parler de celle du « charme personne » qui vire au mo lei tau haut de gamme.
Il faut dire que les personnages sont tous plus fous les uns que les autres et permettent ce genre de scènes parfois à mourir de rire. Entre un faux prêtre taôiste, un chasseur de démon débutant armé d’un carnet de chanson pour enfant qu’il croit surpuissant (la première scène chantée est sublime de connerie), un démon adepte de l’opéra de pékin (jusqu’aux bruitages) ou encore un autre chasseur de démon au pied droit tantôt surdimensionné, tantôt miniature, (et j’en passe…) il y a vraiment de quoi faire.

Les scènes d’action sont du même acabit, barrées de bout en bout, blindées à chaque plan d’idées toutes plus audacieuses les unes que les autres. Le combat final en est l’exemple même avec un roi singe en mode furax qui fracasse tout ce qui bouge. Chaque chasseur de démon possède des techniques bien à lui, et même la délicieuse mais pourtant habituellement énervante Shu Qi est crédible dans son rôle. On lui reconnaitra même un talent certain pour le comique non sensique et pour les scènes d’action.
Par contre, le film pêche énormément par ses effets spéciaux, ce qui est un peu problématique lorsqu’on sait qu’ils sont utilisés dans absolument tous les combats étant donné que nos protagonistes vont tour à tour affronter un poisson géant carnivore, un démon à tête de cochon ou encore un énorme sanglier. Autant ils sont réussis à certains moments, autant parfois les images de synthèse sont à la rue. Certains diront qu’on a l’habitude avec les productions HK même récentes et que ça accentue même leur charme, point sur lequel je suis assez d’accord, mais avouons tout de même que pour un film sorti en 2013, c’est parfois assez vilain, soit bien faits mais mal incrustés comme dans le passage de la progression dans la montagne, soit juste très moches (le gorille dans la scène finale). Les effets spéciaux n’ont jamais été le point fort de l’industrie cinématographique hongkongaise, et ils semblent bien partis pour ne jamais l’être.

Par contre, il ne faut à aucun moment comparer ce Journey to the West avec la version de 1994 sorti chez nous sous le titre Le Roi Singe, de Jeff Lau avec Stephen Chow, ce n’est pas le même trip et vous risqueriez d’être déçus.
Néanmoins, ce mélange de comédie romantique, comédie non sensique, fantasy, arts martiaux et même film de monstre (oui, tout ça), est un divertissement qui donne la pêche même si pas exempt de défauts. Et en cette période morose (si souvenez vous, la crise tout ça), c’est déjà très bien non ? Personnellement, j’attends la suite avec impatience.

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