Branle-bas de grossesse

Avis sur Juno

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Catastrophe pour Juno, 16 ans, qui, après son premier rapport avec un autre lycéen, se retrouve piégée par un polichinelle dans le tiroir. Avec sa meilleure amie et le soutien d’une belle-mère pragmatique et d’un père exemplaire, elle qui ne souhaite que plaire, grandir et s’éclater et qui se retrouve enfermée dans le corps d’un grosse baleine stigmatisée, a la chance de dégoter un brave couple mûr et riche un peu immature qui pourrait bien lui débarrasser de sa patate chaude.
Cette comédie jubilatoire à la fois psychologique, sociétale, satirique et philosophique offre un agréable spectacle jeune, effronté et plus fin qu’il n’en a l’air. D’abord par son aspect critique, burlesque et pourtant si réaliste d’une société blasée où sont banalisées les procédures d’avortement et le commerce, pour certains bobos de banlieue chic en mal de vivre, de bébés d’une mère porteuse comme on s’offrirait un Ipad ou un iguane de Bornéo. Par l’aspect désinvolte des dialogues aussi, qui dégomme et démystifie la sanctuarisation de la maternité, l’intouchable image de sacro-saint fœtus et la bienséance de la pensée unique de nos cultures hypocrites, dans une insolence élégante qui a la finesse de ne pas sombrer dans l’offense ou le mauvais goût.
L’humour et le badinage sans langue de bois recadrent la gestation, tant dans sa condition utérine que dans ses bouleversements humains, comme une suite d’emmerdements physiologiques, sociaux, sentimentaux et légaux, tout en développant dans un silence coupable les inévitables tensions, drames personnels, et enjeux évolutifs amenant nos sept personnages vers leur maturité respective. Car l’aventure intime de chacun bousculera évidemment leurs prévisions pour retracer de nouveaux chemins.

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