Plat net et des astres cinématographiques

Avis sur Jupiter : Le Destin de l'univers

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Dites moi que je n'ai pas vu une actrice asiatique coiffée comme une soeur Wachowski sur une moto volante dont les pièces ne sont pas solidaires entre elles.

Si c'est ça la définition du baroque SF de nos jours, je veux bien être ligoté comme Malcolm MacDowell forcé à regarder Zardoz en boucle.

Alors, c'est quoi leur excuse cette fois ?

" C'est un scenario-original-pas-un-reboot-ni-une-franchise !" ™

Mais oui. Mais oui, très juste. C’est vrai. Reconnaissons au moins cela.

Bon, on spolie (dans le désordre et sans exhaustivité) Dr Who, Star wars, Le Cinquième Element, John Carter, Hunger Games, Disney, et tellement d’autres que les bras m’en tombent ; empruntant tant visuellement avec plus ou moins (plus) de pixels que conceptuellement via de nombreuses idées ou moments de bravoure.

Mais c’est pas grave, Tatum a du chien et Mila un Ku…nis.

C’est un scénario original, simple, pour faire rager les élitistes facho-réacs de merde dans mon genre diront certains, croyant que j’amalgame et confonds simple et simpliste. Non je ne confonds pas, et non je n’ai rien contre les scénarii simples, ni simplistes. Putain, j’ai mis 7 à Bloodsports, quoi.

En fait, ce que je veux dire rejoint un peu ce que je disais à propos de It Follows. Je vais le résumer comme suit :

Tu peux te permettre de foirer ta forme si ton scénar —aussi simple/simpliste puisse-t-il être— se montre efficace, cohérent voire malin (ça existe) ; mais il est de circonstance aggravante dans le cas contraire de vouloir en jeter plein les mirettes et les oreilles si c’est pour du rien. Au pire ça donne un truc prétentieux ou maniéré ; au mieux, tel l’objet bariolé qui nous intéresse ici, un résultat maladroit et bancal.

Parce que oui, je lui ai mis un 3 dans la tronche, mais je reconnais qu’en dépit de son maelström visuel, de sa cacophonie toute contemporaine et de sa crétinerie infantile (cette fois c’est péjoratif), il m’a été difficile d’éprouver de l’antipathie pour le dernier Wachowski. Et c’est bien ce qui le sauve d’une note inférieure.

Difficile à expliquer, si ce n’est par la persistance, malgré les apparences, d’une absence de cynisme des frangins frangines qui transparait encore.

Sinon, Bean est là pour mettre du beurre dans les haricots (lolilol), Mila mi ailleurs, Tatum prouve qu’il est bien meilleur en catcheur de néandertal, Redmayne clone Jean-Baptiste Emmanuel Zog en susurrant comme Carla Bruni un soir de coït.

C’était au cas où vous étiez intéressés par le casting…

Pour redevenir un brin sérieux, je ne comprends plus la démarche des Wachowski. Eux qui détenaient une identité visuelle certes polymorphe mais toujours forte et personnelle au fil de leur filmo nous pondent de la pure guimauve pixélo-puérile sortie d’un moule à gaufre. Eux qui avaient l’habitude de narrer des histoires simples mais riches torchent un conte de fainéants sous couvert de Space Opera prétendument baroque. Est-ce la déconvenue de leur ambitieux (mais déjà maladroit) Cloud Atlas qui aurait entaché leur volonté de bien faire au profit d’une entreprise à la mesure des attentes d’un public de plus en plus occupé à payer sa place de ciné 12€ pour consulter son profil Facebook en bouffant comme un porc que pour prêter attention plus de 15 secondes à des enjeux narratifs et des caractérisations ?

Tant que ça bouge comme avec sa manette et que ça fait boum.

Et tant qu’il y a une fin ouverte pour prévoir d’autres séances consultations sociales et pop-corn.

Je suis assez déçu, à la hauteur de mes attentes. Depuis Riddick et ses chroniques, il a fallu attendre une décennie et Guardians of the Galaxy avant qu’une bobine ravive un peu la flamme d’un genre qu’on croyait coincé dans les années 80 entre Bomber X, Harlock ou le dernier Star Wars.

Et là, une princesse qui récure les chiottes est secourue par un homme chien parce que des bonhommes de Roswell contorsionnistes veulent l’enlever pour le compte d’un cosplayer du Cinquième Élément qui parle comme Carla Bruni pour moissonner comme dans Matrix avec des lézards ailés et qui complote contre une soeur narcissique qui prend des bains de jus de gens et un frère crypto gay habillé par le tailleur de Loki de la franchise Thor pour lequel l’homme chien travaillait à la base et Sean Bean ne meurt même pas.

Pas étonnant que la sortie ait été reportée de 7 mois, ça devait faire pâle figure face à Transformers.

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