Kaboom

Avis sur Kaboom

Avatar Velvetman
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Smith, universitaire sur un campus, vit la vie d'un étudiant lambda avec sa copine Stella. Jusqu'au au soir, où après avoir grignoter des "space cookie", il pense avoir vu le meurtre d'une fille qu'il avait préalablement vue dans ses rêves. Il verra par la suite qu'il est au centre d'un mystère intrigant. C'est donc avec beaucoup d'enthousiasme qu'on retrouve ce cher Araki. Et son univers coloré n'a toujours pas disparu.

On retrouve ces adolescents en quête d’identification sexuelle avec ces multiples situations cocasses (la scène du cunnilingus raté ou de la tentative d'auto suçage de Thor), ces situations surréalistes et cette mise en scène haute en couleur (Lorelei, sorcière au pouvoir orgasmique euphorisant), cette bande son indie/shoegaze assez classe (The XX...). Mais malgré toutes ces qualités qui donne la pêche et qui font de Kaboom une oeuvre fun et attachante, il manque de sérieux ingrédients pour atteindre les sommets que sont Doom Generation ou même Mysterious Skin.

Là où le bas blesse, c'est au niveau du casting qui parait bien fade et bien trop gentillet par rapport à ceux de la trilogie des "Teenage apocalypse" ou de Splendor. Et notamment, Thomas Dekker, jouant le rôle de Smith et qui campe une sorte de métrosexuel bien cliché tant dans l'esprit et que dans l'apparence. N'est pas Johnathon Schaech ou James Duval qui veut. D'ailleurs, quant à ce dernier, c'est avec un réel plaisir, qu'on le retrouve dans un film, malgré son petit rôle ( le messie), sorte de pion planant à des kilomètres. Dans ce casting plus ou moins coloré, on retiendra tout de même un seul nom mais pas des moindres: celui de Juno Temple.

Petite blonde au charme fou, qui arrive facilement à faire coïncider émotion naïve et pulsion sexuelle dévorante. Actrice, qui également, a clairement crevé l'écran dans le dernier William Friedkin. L'intrigue, quant à elle, est plutôt bien mise en place , par petit bouts d'indices semés par ci par là et qui se clôt par un final "explosif".

Malgré ses personnages décalés et ses dialogues parfois haut perchés, le cinéma d'Araki a souvent été d'une virulence thématique (mort, maladie,religion,liberté sexuelle, vie de couple) omniprésente. Sous cette couche de superficialité, Araki déposait par petite touche une mélancolie et une tristesse qui faisait mouche à chaque fois. Et c'est ce qui manque un peu à Kaboom, on ne retrouve pas ce coté grinçant qui donnait aux œuvres du réalisateur, un aspect irrévérencieux. Où est l'esprit de Doom Generation ou celui de Nowhere ou même de Splendor?

Araki s'est comme affranchi de toutes ses obsessions pour nous faire parvenir une sorte de bonbon acidulé qui fait donne du plaisir sur le moment mais dont le gout s'évapore rapidement. Kaboom est un long métrage libre, drole, décalé, fun mais presque anecdotique pour un réalisateur comme Gregg Araki. Mais après la grosse déception qu'était Smiley face, moins bon film d'Araki, Kaboom redonne vie à ce cinéma si personnel et si attachant.

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