It's always the same dream...

Avis sur Kaboom

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Queer Palm à Cannes (première année que cette palme existe, je me demande quel avenir elle va avoir...)

La fac. Smith fait un rêve récurrent étrange. Puis, il se met à croiser les deux-trois personnes qui squattent ce rêve. Et il assiste à une scène troublante d'agression : une fille de son rêve est attaquée par des hommes avec des masques d'animaux. Le lendemain il pense presque à un mauvais trip... seulement la fille existe réellement, et a réellement disparu.
Il essaye de démêler cette histoire étrange, tout en vivant son quotidien d'étudiant un peu paumé : il fantasme sur son copain de chambrée, il couche avec une fille de temps en temps qui refuse toute autre forme d'engagement, il soutient sa meilleure amie embarquée dans une histoire étouffante avec une sorcière (sisi une vraie!)...

Kaboom est juste ExCelLent !

On retrouve un peu l'Araki d'antan, avec ses films fourre tout sur des jeunes qui veulent tout tout de suite, qui brûlent leur temps et leur énergie à essayer de se connaître mieux, et à combler leur solitude.
A ça se rajoute une partie enquête-fantastique un peu délirante, un chouia angoissante (les morceaux avec les gars masqués animal sont vraiment flippants parfois).
Araki joue une nouvelle fois avec les codes des séries tv : on retrouve l'ambiance de Buffy, d'X.Files, légèrement parodiée tout en étant sincère.
Et pour le côté soap, l'enquête et les personnages zarbis, les parties rêves et le mélange avec le réel, on reconnaîtra sans peine l'influence Lynchienne.

J'adore toujours autant ses décors tranchants, ses gros plans sur la bouffe gluante, colorée, dégueux et "appétissante" (comme un hamburger en plus funky, quoi).
C'est plein de personnages caricaturaux qui s'échappent de leurs codes pour prendre un peu plus d'épaisseur au fur et à mesure du film.
Ça ressemble aussi à une tragédie grecque.
C'est loufoque, absurde.
Les acteurs ont de la gueule (et on retrouve James Duval, ça fait plaisir à mon TiCœur de Fan).

La musique est, comme d'habitude, parfaite.

Bon, et puis le petit fond psychologique sur le passage à l'âge adulte, l'affranchissement des carcans familiaux et sociaux, des tabous et tout ça : bien foutu.

Chez Araki, les personnages n'ont pas spécialement de mal à avaler la pilule, non, ils l'avalent d'un coup sec, en faisant un peu la grimace parfois, quand ça laisse un drôle de goût, et puis ils en découvrent les conséquences. Bonnes ou mauvaises, ils farfouillent dedans histoire de s'y trouver une place à eux.

Vous l'aurez compris : je ne jette rien dans ce film, je suis totalement subjective, et de toute façon je suis folle de Gregg Araki, j'ai envie de lui faire des poutoux, il est trop chouchou gentil et foufou dans ses films. C'est mon maître.

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