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Kalidor : La Légende du talisman par 0eil

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Alors là, on touche au gros morcif, les amis. La légende voudrait que Schwarzy, pour effrayer ses enfants (si sa musculature ne suffit pas), les menace de visionner ce film. "Kalidor", donc, presque troisième opus d'une étrange trilogie Conan, conçu à l'origine comme un spin-off où Red Sonja aurait eu le beau rôle - et Conan aurait fait figure de cameo. Seulement voilà, plus le droit de parler de Conan à l'écran, ce dernier est renommé Kalidor, bim, et dans la foulée, il prend la tête d'affiche. Un cas d'école de la cause féministe, d'ailleurs, mais pas que : les producteurs ont finalement retourné leurs vestes nommant, dans nos vertes contrées, le film "Kalidor" alors qu'il n'est sidekick et qui plus est, un sidekick qui n'intervient pas beaucoup et dont la présence a même été ajouté au forceps sur quelques séquences. BREF : trêves de palabre. Le film raconte donc l'histoire de Red Sonja, dont la famille a été trucidé avant que la jeune fille ne soit violée par les gardes d'une horrible Reine. Une divinité se penche alors sur les souffrances de la jeune femme et lui offre le don de botter puissamment des culs, don sommes toutes plutôt intéressant, pour l'époque. La quête de Sonja pour botter des culs commence donc.

Petite intro marrante comme tout, avec un Schwarzy qui galope sur des décors magnifiques, on se dit qu'il y a moyen que ça soit pas mal. D'autant que la séquence n'est pas gratuite du tout et fait sens plus tard dans le film et ça, c'est plutôt chouette. On passe direct à une sorte d'étrange secte de femmes qui se préparent à détruire un talisman qu'elles gardaient depuis des années, le jugeant, finalement, trop puissant pour être conservé. C'est bien d'avoir mis des années pour s'en rendre compte... malheureusement, les hommes de la reine susnommée débarquent, tuent tout le monde, récupèrent le fameux talisman. Heureusement, une des gardiennes parvient à s'enfuir mais, mourante, demandera à Kalidor sur qui elle tombe un peu par hasard, de bien vouloir l'amener auprès de sa soeur, Sonja, dans les bras de laquelle elle meurt alors. Bon, c'est cool mais... Sonja, elle était pas sensée ne plus avoir personne de sa famille en vie ? Bon, c'est pas grave... De toute façon, plus cela va avancer et plus cela sera ridicule : la méchante a voulu le talisman pour pouvoir poutrer à peu près tout ce qui bouge aux alentours de son royaume. Ça veut quand même dire qu'à part elle, aucun autre roi ou reine n'a même songé une seule seconde à s'approprier le talisman par le passsé. Ok les gars, vous formez tous une belle brochette de branqu'.
Forcément, Sonja va traverser une capitale détruite et là, attention ça pique : l'instant d'avant, Sonja est de nuit, dans ce qui a l'air d'être un col plutôt désertique, l'instant d'après, c'est un décor en carton-pâte tout moche pour figurer l'ancienne salle du trône de la capitale. Non, pas de transition, impossible de savoir pourquoi Sonja s'est dirigée précisément vers cette pièce. On ne sait pas, le scénariste ne sait pas et Brigitte non plus. Là, on se retrouve avec un sidekick de l'horreur. Le voleur Malak n'était apparemment pas suffisant, ils ont décidé de profiter de la baisse d'âge du public cible pour glisser un petit prince prétentieux et son esclave. L'horreur totale. Un enfant. Prétentieux. Prince. Avec son esclave. Worst idea ever, merci beaucoup. D'autant qu'on sent, dans la séquence, le manque de moyen total : le prince explique qu'il est tout seul, les gens ont fui, sa garde aussi. En gros, toute la population de la ville a disparu, ahlala, c'est quand même bien pratique, ça évitera d'avoir à payer des figurants, tout ça !
Après ça, le film se met tranquillement sur les rails habituelles : péripéties sans rapport, apparition magique de Kalidor qui revient après avoir été laissé pour mort, séquences loooonnnngues (la baston avec le monstre anguille robot). Pardon, je sais, vos yeux ont buté sur un mot : oui, il y a un monstre anguille robot. Et le film en est si fier qu'il en tire une séquence horriblement longue, qui devient très awkward à mesure que les minutes s'écoulent et qu'on voit Schwarzy surfer dessus. Il y a ensuite un duel entre Kalidor et Sonja, en milieu de film, d'une longueur improbable.
Dans tout ça rien à sauver. Oui, on regrette un peu que Brigitte Nielsen joue autant comme une patate (elle pousse un hurlement en plan rapproché d'un ridicule incroyable), Schwarzy a l'air un peu ennuyé d'être là, habillé comme un sapin de Noël et l'enfant... ben, c'est un enfant. Un putain d'enfant. Reste peut-être la Reine Gedren qui est marrante, jouée par la nana qui incarnait Valeria, l'amour défunt de Conan (!). Avec son pouvoir de téléportation qui lui vient subitement en fin de film, ses grandes tirades et son lieutenant vieux ricaneur bizarre, on a tout du méchant copié-collé de bonne grosse série B. Ouais, c'est tout ce qu'il y a à se mettre sous la dent.

Piouh, et j'ai même pas parlé du château de la méchante qui est horriblement vide, envahi quand même par quatre personnes dont un enfant impotent, on sent à peu près à tous les étages qu'il n'y a là que l'envie de jouer sur le capital sympathie du premier opus de la saga Conan. Sans idée, sans moyen, en cochant à peu près tous les trucs à ne pas faire dans ce genre de production, le film parvient sans mal à être un nanar à peine amusant pour ses quelques détails drôles (le brigand en jeans!) et la présence de Schwarzy en mode « si je souris suffisamment fort, personne ne verra que je pleure intérieurement ». Passez vite votre chemin !

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