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Kansas City Bomber par Eowyn Cwper

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Kansas City Bomber, c’est l’annonce de Rollerball (Norman Jewison, 1975). Le film s’ouvre et se ferme (d’ailleurs très mal) sur des séquences sportives où la violence remplace sans queue ni tête la vraie performance, en l’occurence le roller, mais sans l’excuse du futur cassé de Rollerball.

Ce semi-catch de piste, se dit-on, ne peut exister qu’à Las Vegas, Kansas City ou Los Angeles (d’où la discipline est originaire en réalité) et ne peut être pratiqué que par des colosses ou des sportives pin-up qui, comme le personnage de Raquel Welch, en ont les initiales en pseudonyme : K.C. Carr. Pourtant non, c’est aussi un sport qui sort de ses villes de confort pour essaimer le divertissement télévisuel dans le pays.

Pour nous, c’est juste un film, et il est carrément étonnant qu’en 1972, un climat si peu machiste se soit pu au septième art sportif. Dommage que Kevin McCarthy soit entre deux chaises et deux âges avec son rôle d’antagoniste séducteur, trop vieux jeu pour accrocher l’œil même si la post-synchro semble dater de son époque aussi.

Bref, c’est un film de sport, intéressant en ce qu’il ne recherche pas le crescendo typique du genre, frissonnant et facile à déclencher : le sport est partout, bien étalé, presque sans frissons. Il y a un peu d’auto-dérision très bien amenée avec les spectateurs filmés au près, dont l’image et la voix se superposent à celles du commentateur, le scandalomètre : on sait que les choses sont vraiment allées trop loin quand lui en fait la remarque.

En ça, KCB est un film très moderne, qui, sous ses airs de ne pas savoir manier l’éclairage ou le cadrage en-dehors des salles ni modérer le surjeu, saute à cœur joie sur le tremplin des seventies en dénigrant gentiment le divertissement venu du baby-boom remontant les générations une à une jusqu’à toutes les faire tourner sur le manège mercantile.

En donnant un de ses premiers rôles au grand écran à une Jodie Foster tout juste entrée dans sa deuxième décennie et déjà impressionnante du haut de ses deux minutes à l’écran, Freedman se glisse dans la pop culture sans élégance ni technique, dans une de ces prises de catch bâclées au cours de laquelle on se blesse soi-même plus que l’adversaire. Ce qu’il aura cherché à prouver en mettant des faiblesses si peu assumées dans ses protagonistes qu’il dût les faire porter par des rôles d’andouilles, cela reste à voir, mais ce n’est pas non plus un visionnage perdu.

Quantième Art

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