Le petit frère bâtard de Spider-Man

Avis sur Kick-Ass

Avatar Dalecooper
Critique publiée par le

Le genre du film de super-héros règne maintenant depuis presque une décennie sur le box-office, et il faut bien avouer que, globalement, la qualité des films n'est pas fameuse.
Mais, de temps en temps, le fan de comic book se voit récompenser.
Alors que les désastres semblent s'enchainer, entre Elektra, les Quatres Fantastiques, Wolverine, quelques pépites font honneur au genre, et il n'est pas anodin de constater qu'elles sont à chaque fois délivrées par des metteurs en scène avec un univers fort.
Ainsi, après un Dark Knight crépusculaire dirigé par un Christopher Nolan qui digère de mieux en mieux ses ambitions artistiques pour les intégrer dans ses blockbusters, après le Watchmen inabouti de Zack Snyder qui démontre néanmoins que le genre est prêt d'arriver à maturité, n'ayant plus à se priver de sexe et de violence pour délivrer un propos complexe et ambitieux, voici arriver le Kick Ass de Matthew Vaughn.

Ce britannique ayant fait ses armes en produisant les films de mates de Guy Ritchie, a auparavant réalisé le polar très sympa Layer Cake, et a failli travailler sur X Men 3, avant de partir au dernier moment, craignant de ne pas avoir assez de liberté artistiques.
Or, avec Kick Ass, produit de manière indépendante, il a carte blanche, et il ne se prive pas pour le faire savoir.

A l'origine, Kick Ass est un comics dessiné par John Romita Jr et écrit par Mark Millar, scénariste un peu roublard, mais doué pour la provoque.
L'adaptation est globalement fidèle, mais opère également à des changements intelligents et nécessaires pour faire vivre Kick-Ass à l'écran (un vrai arc émotionnel pour le héros par exemple, qui voit aboutir son histoire d'amour).
Vaughn met en scène de manière ambitieuse, léchée et procède notamment à de très belles ellipses, rendant son récit particulièrement fluide.
On se souviendra de la lecture du comics de Big Daddy, pensée de manière vraiment cinématographique, avec une véritable immersion grâce aux différents mouvements de caméra, et qui est en plus un bel hommage au matériau d'origine.

Là où Kick Ass marche vraiment, c'est quand il s'appuie sur les archétypes du film de super-héros que nous avons appris à assimiler, pour mieux s'en démarquer.
Ainsi, ses débuts sont loin d'être aussi glorieux que ceux de Spider-Man. Bien plus hésitant, Dave n'ose par exemple pas sauter de toit en toit, et sa première altercation avec des criminels se solde carrément par un échec complet, passage par la case hôpital comprise.
Contrairement au prude Peter Parker, Dave Lizewski n'hésite lui pas à sauter en douce sa petite copine à l'arrière du comics shop du coin.
Quand Kick Ass rencontre Red Mist, sa posture héroïque stéréotypée (torses bombé, menton droit) ne tient qu'un temps, avant que Red Mist se réceptionne mal en sautant (« That actually kinda hurt! »).

Le film séduit par son armada de personnages pop incroyablement loufoques, que ce soit les mafieux fidèles à l'univers de Vaughn, Red Mist (joué par le génial Christopher Mintz-Plasse, à peine sorti de sa crise d'adolescence de Superbad), ou Big Daddy et Hit Girl, duo père-fille qui se voie attribuer les scènes les plus démentes du film.

Les scènes d'action sont d'une efficacité imparable et d'une radicalité qui fait plaisir à voir.
Encore mieux que le combat savamment chorégraphiée de Kick Ass contre des voyous dans la rue, provoquant sa gloire youtubesque, encore plus fort que la présentation sanglante de Hit-Girl défonçant sans broncher une dizaine de gangstas, on retiendra le gunfight virtuose du hangar, et la confrontation finale démesurée, bazooka vs jetpack.
Le gunfight du hangar se démarque par sa virtuosité et son implication émotionnelle totale: Hit-Girl en vue subjective devant en effet éliminer un à un ses opposants, comme dans un FPS, alors que son père est en train d'agoniser.
On ne peut que s'incliner devant la tension palpable qui conclue la séquence, le film réussissant pleinement la balance entre fun décérébré et émotion véritable.
La confrontation finale, elle, marque parce qu'elle franchit clairement un palier dans le portnawak. Kick Ass sauve une Hit-Girl pour une fois en mauvaise posture, avec le stratagème le plus improbable qui soit: débarquer en jet-pack et dégommer tout ce qui bouge!!
La musique, un alleluia sirupeux montre bien le totale décalage de la situation. Et la séquence de se conclure par la mort surréaliste du big boss mafieux, catapulté dans les airs par un méchant coup de bazooka en pleine tronche.

Au final, Kick Ass fait preuve d'une générosité monstre faisant honneur au genre, tout en s'accordant toute latitude pour le parodier et en livrer une version bâtarde et ultra-violente.

J'attends avec impatience, et aussi quelques craintes, le X Men First Class que doit livrer Vaughn, sur l'amitié conflictuelle entre les jeunes Charles Xavier et Magneto dans les 60's.
On espère, vu que le studio sera autrement plus présent sur ce blockbuster devant relancer une franchise mal en point, que Vaughn réussira encore une fois à apporter sa patte iconoclaste au genre.

Show's over motherfuckers!!!

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