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Avis sur King Kong

Avatar Mayeul TheLink
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King Kong, avant d'être le grand film d'aventure, d'horreur et d'amour que l'on connait, est avant tout un film sur l'identité d'une Bête, et du film qui en découle. Il s'ouvrira d'ailleurs sur ces mots :

"La Bête regarda le visage de la Belle. Et il retint sa main de la tuer. Depuis ce jour, c'est comme si elle était morte."

Le monstre est donc désigné comme l'animalité la plus sauvage, mais également la plus pure. Cette citation semble désigner comme négative la notion d'amour pour un être aussi parfait dans son domaine. Parfait, car après tout, n'est-il pas le roi de son île, comme le prouve ces scènes de bataille avec différents monstres tous aussi grandioses et imposants que leur adversaire ?

Dans le premier acte du film, Denham, réalisateur aventurier et faiseur de rêves construits depuis notre monde bien réel, annonce que son prochain film se devra de répondre aux exigences non seulement des producteurs, mais également du public : il devra contenir une romance. Et de là, les parallèles entre le film dans le film et le film lui-même se feront nombreux. On a bien dans King Kong une romance entre la Belle et la Bête, passage obligé pour un film un tant soit peu concerné par la réponse émotionnelle du spectateur au visionnage. Car peu importe le réalisme des effets spéciaux, on ne peut que mal imaginer passer un moment privilégié au visionnage d'un documentaire animalier fictif.

Cette mise en abyme sert d'abord l'immersion de l'auditoire : difficile pour lui d'imaginer un autre niveau de réalité où une autre équipe de tournage filmerait la première équipe. Mais elle servira également une réflexion qui s'impose au fur et à mesure que le film prend de l'ampleur. Si pour le film, et donc pour Kong, la romance signifie la mort, le divertissement ne se ferait-il pas plus brut et pur, à l'image du singe-héros, débarrassé de tout élément superflu le faisant dériver du véritable sujet principal ?

Force est de constater que l'amour que porte Kong à la belle Ann est déchirant et grandiose pour le spectateur. Au film donc de répondre de la plus belle des manières, en posant une question simple, mais fondamentale : que vaut un film sans amour ?

La même question s'appliquera aisément à la vie. Celle du simple spectateur, comme celle de la Huitième Merveille du Monde, appelé à être découvert, admiré, gâché, et ainsi à donner sa vie pour celle qu'il aime.

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