Mon Roi.

Avis sur King Kong

Avatar Gand-Alf
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Tu étais grand comme une montagne. Tu étais solide comme un coffre-fort blindé que même James Caan dans Thief n'aurait pas pu le percer. Tu étais velu comme un Baldwin. Tu collectionnais les bourre-pifs par kilos de douze. Les squatteurs d'en face scandaient ton blase en te refilant de la gazelle d'ébène tous les premiers samedi du moi.

Fils des âges farouches comme l'autre décoloré, tu faisais ton bizness de gorille tranquillement dans ton coin, ne demandant rien à personne si ce n'est de baisser un chouilla leur zouk, quand elle survint. Arc-en-ciel irradiant ta journée pluvieuse qui allait te retourner le cerveau. Toi à qui on ne la faisait pas, toi qui restait insensible aux hurlements de terreur dans la nuit, toi dont le jeu préféré consistait à décrocher de la mâchoire de T-Rex, tu t'es retrouvé aussi démuni qu'un puceau de treize ans devant une MILF en quête de chair fraîche.

Non mais je comprend. Comment résister à ces yeux de biches, à cette chevelure flamboyante, à ces poumons de Scream Queen pur premium ? Pour elle, tu aurais secoué la terre entière et même les cieux si Willis O'Brien t'avais doté d'une paire d'ailes. Pour elle, tu aurais même piétiné des espèces protégées comme le ptérodactyle ou l'araignée géante, coupée au montage de toute façon. Par elle, tu as découvert la grâce. La beauté. Le désir.

Déesse immortalisée à même la pellicule, Fay Wray t'aura surtout fait découvrir la jalousie. La possession. Déjà colérique, tu es devenu obsessionnel. Jaloux. Putain de colérique. Au point de défoncer du serpent géant, de l'autochtone, du ricain "civilisé" se croyant tout permis. Au point de te laisser capturer pour faire mouiller les culottes des bourgeoises new-yorkaises pendant que le petit peuple bouffe ses pompes depuis le krach de 29.

Incontrôlable, tu iras jusqu'à tenter l'escalade sur le symbole phallique de l'Amérique toute puissante et perturber sérieusement le trafic aérien. Dans un dernier râle, tu chutera au nom d'un amour tragique à sens unique, sous les yeux d'une blondasse qui n'en avait rien à branler de ta face de macaque. Mais moi, tu m'auras fait chialer. Tu auras enchanté mon enfance, à jamais traumatisée par ta première apparition. Tu seras à l'origine de mon amour incommensurable pour les monstres, pour les freaks, pour les causes perdues.

Malgré le temps qui passe, malgré les copies abimées, malgré toutes les folles tentations et les petites trahisons, moi je ne cesserai jamais de t'aimer. Je guetterais jusqu'à la fin des temps, jusqu'à la fin de toute chose, les arbres se plier sous tes muscles puissants. Et moi, je ne gueulerai pas comme une truie devant ta toute puissance incontestable. Je t'accueillerai à bras ouverts, un sourire d'extase et le coeur battant. Mon guerrier. Mon conquérant. Mon roi.

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