Le manège ench(i)anté

Avis sur Klimt

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Tournicoti-tournicota... Et hop, encore un petit tour de caméra pour bien enfoncer le clou de l'hallucination, et encore un plan à 360° pour montrer que quelque chose ne tourne pas rond dans l'esprit de Gustav Klimt, bref, encore un film raté sur le milieu artistique, où comme dans 98% des cas, on plonge les deux pieds dans le plat du cliché et du oui oui, les Dieux de l'Histoire de l'art faisaient aussi caca et disaient des gros mots quand ils étaient en colère. On l'aurait presque oublié !

Et même si tout un chacun sait que ce milieu foisonne d'égos hypertrophiés, on nous ressert de nouveau la toute puissance du nombrilisme comme seule ressource créatrice de l'artiste incompris – avec là encore le fétichisme des fleurs et du verre brisé, archi éculés. Pourtant, si l'on est honnête, le tant acclamé Black Swan d'Aronofsky a fait bien pire depuis dans le genre.

Certes, John Malkovich est tout à fait crédible en Klimt, et Nikolai Kinski – le fils français de Klaus – plus encore en Schiele tout en torsions des mains, mais la réalisation volontairement atomisée donne l'impression d'avoir avalé une boîte de Lysanxia, si bien que l'on finit par ne même plus remarquer que le monsieur qui a fait des gosses partout a une fâcheuse tendance à parler tout seul.

Pour un film historique sur une période abondamment traitée au cinéma – Vienne et Paris au tournant de 1900 –, on reste également un peu sur sa faim devant la quasi exclusivité de scènes d'intérieur trop cantonnées au fantasme de l'atelier, et des extérieurs toc. Quant à la guéguerre des Sécessionnistes et des tenants de l'Académisme, en petites phrases pseudo insidieuses, elle fleure bon le quota pédagogique de cette coproduction européenne réalisée par un maître chilien.

Difficile enfin de ne pas se perdre parmi les conquêtes féminines du peintre, qui se ressemblent toutes, prétexte à un catalogue de fesses, nichons et minous rasés de frais qui, loin d'attirer l'œil, finit par susciter le même soupir blasé que celui du pensionnaire d'une maison de retraite devant le petit salé aux lentilles du jeudi...

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