Icare ira voir le soleil.

Avis sur Koyaanisqatsi

Avatar Arthur Bobinna
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Pendant trente ans, entre 1970 et 2000, Godfrey Reggio est parti a la rencontre du monde pour y étudier et montrer des malaises de la société occidental.

Koyaanisqatsi est le premier volet de la Trilogie des Qatsi.
"Qatsi" signifie vie en hopi et "Ko-Yaa-Nis", déséquilibre ou folie.

Ce volet montre donc le malaise du rapport a notre environnement et a nous mêmes.
Godfrey Reggio nous emporte dans une chorégraphie étourdissante sans parole, sans interview, sans explication.
Uniquement porté par une musique originale de Philip Glass, les images qui nous sont présentés sont d'une puissance incroyable.

L'ouverture sur le décollage d'une fusée filmé comme nulle part ailleurs, nous capte immédiatement et s'arrête pour revenir sur des origines Terrestre plus calmes.

La caméra est alors distante, aérienne. Comme si une autre forme de vie venait explorer la Terre et nous observer. Peu à peu la civilisation fait place a la nature morte par l'action de destruction intimement lié a la création de notre civilisation.
On assiste alors au changement profond du paysage jusqu'à une transition terrible de plagistes absolument sereins pourtant dominés par une centrale balnéaire.

La création et la destruction, l'affolement et la désolation se mêlent alors dans des plans filmant la ressemblance troublante entre des lieux de vie et des lieux de mort.

On entre dans une phase de quelques minutes de transition.
On ne sait plus alors si l'important est l'individu, le groupe, la société ou la civilisation jusqu'à un plan extraordinaire de la Lune vierge et pleine mis en comparaison avec un immeuble inanimé et pourtant éclairé.

La nature laisse place alors à la civilisation. Une civilisation dense, quasiment "insectoïde " où les êtres sont des fourmis légèrement désorganisés en comparaison de leurs minuscules homologues.
L'étourdissement des images dont le temps devient quantique pousse quasiment jusqu'au malaise physique.
Si le point de vue est totalement éloigné de l'individu, la puissance de ce ballet sombre nous pousse a s'identifier aux individus tout autant que cette vision nous révulse.

Et lorsque ce malaise va atteindre son paroxysme Godfrey Reggio part alors a la rencontre de l'individu, captant des sentiments instantanés.
C'est effet de zoom progressif tout au long du film pour revenir a la scène d'ouverture finalement, cette fois sans filtre d'une fusée au décollage comme pour démontrer le génie et la puissance de l'Homme et en même temps son échec et toute la folie déséquilibrée dont il a fait preuve.

Koyaanisqatsi est tres fort.
Un documentaire s'il on ose le classer comme je n'en avais jamais vu, fait d'images magnifique et accompagné par une musique extraordinaire, se posant comme une pensée philosophique ouverte à tous.

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