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L'aigle qui était probablement un taureau

Avis sur L'Aigle de la neuvième légion

Avatar aldosavage
Critique publiée par le (modifiée le )

C'est mauvais et ceux ne sont pas quelques plans sympathiques de l' Écosse (et de la Hongrie) qui vont sauver ce film du naufrage.
L'idée de départ, bien que fantaisiste, est intéressante avec cette mystérieuse disparition de toute une légion dans des Highlands hostiles à l'occupation romaine.
J'écris fantaisiste, car si cette légion a bel et bien disparu, ce n'est ni à cette date ni dans cette contrée.
20 ans plus tard, on suit donc l'histoire du fils du "Centurion" qui a causé la perte de sa légion et de son emblème; le fameux aigle, ce qui fait du héros et de sa famille un sujet de honte et de déshonneur pour Rome.
Le voilà fraichement débarqué en Écosse, au dernier fort contrôlant la région avant le mur d'Hadrien ( Dont les proportions me semblent bien exagérées- point à vérifier) et bien décidé à (se) prouver des choses.
Et là ça commence à déconner :
Il fait n'importe quoi, négligeant d'écouter les conseils de son principal subordonné, alors qu'il ignore tout du contexte local.
Un druide excite la population du coin et ça coïncide avec le retard d'une livraison de blé ?
Application sans discernement du manuel du parfait centurion fraichement émoulu de l'école : Bilan une patrouille de perdue ... comme papa ( toute proportion gardée).
Renforcer les défenses une bonne idée ouiiiii mais pourquoi en dépit du bon sens ????
Pose illogique de pieux qui facilite l'escalade du maigre rempart.
Heureusement ses super-pouvoirs lui permettent de deviner qu'une attaque se prépare en identifiant un vague bruissement d'herbe après avoir rêvé de papa.
Ils sont forcément tout près, mais ils sont bêtes ces barbares, ou alors ils aiment les gros challenges.
Ils préfèrent attendre d'être sûr que les Romains les aient détectés et se soient équipées et ils le savent puisque nos légionnaires rejoignent la palissade au pas de charge alors que la consigne était surtout PAS DE BRUIT.
Pas grave on a droit au combat nocturne qui tourne un poil au vinaigre avant que notre héros ne se rappelle qu'il a fait remplir le fossé de produits inflammables le jour même : "qu'on m'apporte une torche viiiiiite" Ben oui vite j'avais pas prévu que je pourrais en avoir besoin.
Bon le voilà devenu un héros après un départ hésitant.
Le lendemain, la patrouille perdue est exhibée devant les remparts et un des 10 hommes égorgé par le druide.
Zut ! Mission sauvetage face à des centaines de barbares à pieds. Au lieu de sortir la cavalerie, on préfère y aller en sous-nombre et à pieds.
heureusement le druide est très très vieux ou la législation druidique très stricte car il ne réussira a en égorger qu' un seul.
Bon les celtes sont quand même rusés car ils ont réussi à planquer des chars de guerre dans les bois : n'importe quoi.
Effectivement même notre super héros et ses super-sens ne pouvait prévoir ce coup du sort(ilège?) et se prend une bonne branlée qui mettra fin à sa déplorable activité de chef de camp.
Tout ça pour lui permettre d'entreprendre une quête mystique et thérapeutique par la suite.
J'arrête de détailler tout devient encore plus ridicule :
la rencontre avec le super esclave, fils d'un chef de guerre qui sait tout et tout faire.
On nous promet une mission périlleuse dans une contrée super hostile et mystérieuse et on a le droit à une promenade à cheval avec des rencontres soit sans soucis et ne suscitant aucune curiosité, soit déclenchant des attaques sans raison ( les "insoumis aux romains" dans les bois, l'ancien légionnaire devenu berger et père de famille, 40 ou 50 balais qui se jette d'une hauteur sur deux cavaliers sans la moindre raison .. soupirs).
Des ennemis bleus super cruels mais super naïfs ( un esclave romain "rebelle" qui se ballade avec ses armes) et au sommeil de plomb juste ce qu'il faut quand il faut.
Des ennemis allant aussi vite que des hommes à cheval, tellement vite qu'ils ont le temps de retourner à leur camp puis revenir en trainant un gamin de 10 ans de leur tribu qui sera égorgé pour une trahison inexistante ( scène totalement gratuite et sans intérêt).
L'apparition magique de vieux légionnaires avec leurs équipements et qui perdent mystérieusement toute discipline pendant le combat final pour se faire massacrer par le super méchant d'en face et pour permettre à notre héros, blessé et au bord de l'inanition depuis des jours de lui régler son compte.
Une tirade finale sur le mode " les politiciens c'est tous des pourris et des planqués" avant que nos deux héros ne repartent.. vers de nouvelles aventures ???? ( j'espère que non)
M'enfin l'honneur de papa et de la légion est sauf et c'est bien là le principal...
Un peu mesquin j'en conviens de lister de la sorte toute cette accumulation de bêtises ( et encore je me suis retenu) pour un film aussi mauvais, mais c'est en rapport avec la déception du traitement, alors que le sujet puis le choix d' un angle intimiste étaient prometteurs.

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