Le face à face Bruno Cremer-Bébel pour un policier français réalisé par Philippe Labro. Ambiance !

Avis sur L'Alpagueur

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Une réalisation solide et carrée de la part de Philippe Labro, qui avait déjà fait ses armes sur L'héritier, toujours avec Belmondo, et Tout peut arriver avec Catherine Allégret et Brialy. Un montage frénétique alliant suspense et cascades en tout genre font de "L'alpagueur" un moment de cinéma certes classique mais rondement traditionnel. A celà, ajoutons une partition sans fausse note de notre Bébél national, un Bruno Cremer (La 317ème section, Noce blanche, Section spéciale, ...), à contre-emploi !, parfait dans le rôle du méchant, et nous avons affaire à un film de qualité qui peut tenir toutes ses promesses. La première ? L''idée du scénario, concept original qui nargue les faits d'un Epervier (Bruno Cremer) qui tue ses complices après chaque hold-up. L'alpagueur (Bébel), un chasseur de primes du gouvernement, est chargé de l'éliminer. La seconde ? Une bande-son mirobolante, qui colle incroyablement bien à l'atmosphère que dégage ce film. Pour cela, nous pouvons dire merci au compositeur Michel Colombier, qui reçut son seul César pour la musique de Elisa (avec la toute jeune Paradis). Dans cette mise en scène atypique, on retrouve sans fard la verve léonienne. Je m'explique. Le regard glaçant de Cremer (à la Van Cleef comme dans Le bon...) a l'art d'apaiser le film en lui-même avec ce jeu tout en retenu et, étoffe son rôle par la suite en le rendant de plus en plus sombre. De plus, Labro centre son intrigue sur le personnage de l'Epervier quitte à évincer la gouaillerie de Bébel. Et pour le coup, bingo ! : Jean-Paul est plus sage, plus énigmatique aussi, dans un rôle lui aussi plus sombre et forcément plus sobre. Cette interprétation des deux acteurs principaux, se retrouve dans une scène finale avec un Bébel moins cogneur, mais beaucoup plus ravageur et coincé. Cremer, lui, surprend d'efficacité et d'un réel talent à jouer les méchants de service. Le tout, embaumé par la fraîcheur de Philippe Labro qui, à l'instar de Melville ou Cornaud, instaure de longs plans larges qu'il recentre ensuite sur ses personnages pour nous les faire découvrir, comme l'a fait Leone dans ses westerns spaghettis, plans américains et très gros plans à l'appui. Ce face-à-face, je dirais inédit, s'affranchit du policier classique français habituel (je pense bien sûr aux Deray (Le marginal, Le solitaire), Lautner (Flic ou voyou) et Verneuil (Le clan des siciliens, Mélodie en sous-sol)) en mettant en avant une ambiance poisseuse collant à l'ensemble du film. "L'alpagueur" est un policier français à RE-découvrir pour les beaux yeux du non moins regretté Bruno Cremer. Spectateurs, que préférez vous pour ce soir : Bébel ou Oskar Wilde ?

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