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L'Appel de la forêt par Nielk

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Quand l'écran s'est éteint et quand la lumière est revenue, j'ai vu au fond de la salle Jack London adossé à un mur. Son beau sourire n'illuminait plus son visage et je vis une larme couler sur sa joue. Qu'avait-il donc fait pour mériter cela ?
Il fit glisser alors sa casquette pour cacher ses yeux rougis, baissa la tête, se retourna et disparut par une porte dérobée.

J'ai bien connu Belle, j'ai aimé Lassie, chien fidèle qui était une chienne en fait, j'ai applaudi Ugie l'artiste canin récompensé d'une « Palme dog » à Cannes, Beethoven m'a fait sourire et Pongo et Perdita parmi leur portée de dalmatiens m'avaient enchanté. J'ai également fréquenté quelques temps Rantanplan, Il finissait toujours par me rappeler quelqu'un.

Mais mon préféré était Rintintin. Ah ! Rintintin ! A l'époque où j'étais Rusty puis l'âge venant, le capitaine Rip Masters, nous aimions jouer et rejouer leurs aventures. Quand Alain Chabat est Didier quelques décennies plus tard, c'est de rire que je me suis mis à pleurer. Aujourd'hui encore, quand la nostalgie me prend et qu'une rediffusion de Rex, le berger allemand et flic autrichien est sur le petit écran, je renoue, avec mon chat sur les genoux. Je me suis même surpris à crier « Youhououou! », mais mon chat me fait alors toujours remarquer que, malgré une ressemblance certaine, Rex n'est pas Rintintin.

Croc-Blanc et son effet miroir Buck sont venus plus tard dans ma vie, sans plus jamais en ressortir d'ailleurs. L'Appel de la forêt, le roman de Jack London n'est pas qu'une histoire de chien, de domestication et d'amitié entre l'homme et l'animal qui serait son meilleur ami. Le Buck de Chris Sanders est une caricature qui ressemble à une peluche géante de supermarché à laquelle quelque spécialiste d'effets spéciaux et de trucage aurait donné un supplément d'âme. Sans doute trop occupés à jouer avec leur drôle de créature, le réalisateur et son scénariste semblent bien avoir oublié de relire le roman. Quant à la distribution du courrier en traîneau par un Omar Sy plus rigolard que jamais, elle semble tout droit être tirée de Jour de fête de Jacques Tati. Cela avait fait rire en 1949.

L'anthropomorphisation à outrance de la peluche est d'une stupidité telle, qu'il faut bien se rendre à l'évidence : le cinéma peut être également une machine à abrutir et à décerveler. On peut même se demander quelle mouche a piqué le Saint Bernard retenu pour le rôle, quand il a accepté de monter dans cette galère. Chris Sanders a bien de la chance que le roman soit tombé dans le domaine public depuis belle lurette, aucun dépositaire de droits, en pleine possession de ses esprits et à jeun, n'aurait accepté une telle adaptation. Le réalisateur a donc pu piller le roman à sa guise et surtout dissimuler la médiocrité de ce qu'il a filmé derrière un titre qui a un sens. Il y a erreur sur la marchandise, il y a tromperie sur la tambouille.

Replongeons-nous plutôt dans la lecture du roman dont le film est une adaptation très, très ... l'adjectif libre n'est même plus de mise. En 1935, William A.WELLMAN en a tourné une adaptation avec Clark Gable qui a une autre tenue. Que Arte nous entende et vienne à notre secours en la rediffusant comme elle l'a déjà fait, il y a quelques années.

Nous savions que Harrison Ford était capable de tout, mais toi Omar Sy pourquoi nous as-tu fait cela ?

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