Le poète du macabre

Avis sur L'Au-delà

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Histoire du film :

Après la sortie de « Frayeurs », Fulci décide de continuer dans la même veine de films, c’est-à-dire les films d’exploitation à concepts métaphysiques où les royaumes des vivants et des morts interagissent entre eux. Fulci a créé son film en hommage à Antonin Artaud, un dramaturge français du mouvement surréaliste du début du XXème siècle. Artaud n’était pas adepte des intrigues linéaires classique du théâtre de l’époque, il réalisait des œuvres bien moins conventionnelles basées sur une imagerie du cruel faite de symbolismes.
Le schéma original de Fulci pour son film était l’histoire d’une femme dans une maison hantée construite sur une des sept portes de l’enfer avec les morts quittant l’enfer et entrant dans la maison, qui était un hôtel dans l’histoire originale.
Etant donné la popularité des films de zombies à l’époque, la société de production allemande qui détenait les droits des films de Fulci n’étaient pas intéressés par une histoire de maison hantée. Les aficionados du cinéma de Fulci voulaient également une histoire se rapprochant plus de ses dernières productions comme « Frayeurs » et « L’Enfer des zombies ». Il décida alors de réécrire le scénario et d’ajouter des zombies, il réécrira également totalement l’acte final du film en intégrant une fusillade entre les personnages principaux et une horde de zombies dans un hôpital. Même si le résultat n’était pas celui escorté premièrement par Fulci, ce film est considéré par les puristes comme l’un de ses meilleurs et est loué pour son style visuel puissant et la mise en scène toujours impressionnante de celui qui est appelé le « Maître du macabre ».
Le tournage a eu lieu à la Nouvelle-Orléans en Louisiane et le travail de studio a été terminé à Rome, la Otis House à Fairview-Riverside State Park a été utilisée comme cadre principal pour le tournage.
Le film sort en 1981 au Royaume-Uni et reçoit de nombreuses contestations de la BBFR (British Board of Film Classification) pour ses scènes de violences extrêmes. Il a longtemps été censuré et a finalement été distribué en VHS dans une version censurée, il sortira en version non censurée en 2001 en DVD. Il n’a pas connu de sorties aux Etats-Unis avant 1983 et est sorti en salle sous le nom « Les 7 portes de l’enfer », cette version avait été censurée également, il sortira par la suite en VHS sous la même version. Mais au fil des ans, le culte du film s’est installé, et lorsque les copies VHS du film sont devenues plus rares voire impossible à trouver, la demande d’une sortie officielle et non censurée est alors devenue croissante. Dans les années 90, Bob Murawski et Sage Stallone des maisons de production Grindhouse Releasing se rendent en Italie pour rencontrer Fulci et sa fille pour obtenir les droits du film. Ils rastériseront le film et produiront le film sans aucune censure. Pour avoir un plus large accueil public, Quentin Tarantino prêtera son nom sur la couverture du DVD. Il aura dès lors une réputation de film de minuit et sera le film ayant remporté le plus à la maison de production de Tarantino, Rolling Thunder, en tout cas à l’époque. A partir de là il sera toujours réédité par la Grindhouse Releasing et connaitra un certain succès chez les amateurs de cinéma bis italien.

Analyse :

Louisiane 1927, dans une vaste demeure, un homme accusé de sorcellerie est mis à mort par les habitants du village. Cruellement blessé à coups de chaîne, celui-ci est crucifié vivant à un mur avant d’être recouvert de chaux bouillante poussant ainsi ses derniers cris de douleur. Plus de cinquante ans plus tard, dans la même demeure, qui est construite sur l’une des sept portes de l’enfer, est achetée par Liza Merril, une New-yorkaise, qui veut en faire un hôtel. Mais rapidement, les morts mystérieuses se succèdent et des évènements surnaturels semblent annoncer le retour du sorcier d’entre les morts.
« L’au-delà » est le digne héritier des films précédents de Fulci, on retrouve le thème des zombies que l’on trouvait déjà dans « L’Enfer des zombies » et « Frayeurs ». Fulci joue sur des trames scénaristiques classiques mais qu’il arrive à rendre passionnante grâce à la puissance de sa mise en scène. Dès le début et la scène se déroulant dans le passé, il donne le ton du film, entre onirisme et horreur pure et malsaine, il instaure un climat glauque et morbide portée par un visuel magnifique. Il arrive à mettre dans son film une tension incroyable grâce à plusieurs scènes gores assez horribles placées à des moments stratégiques du récit, pour que jamais le spectateur n’ait le temps de décompresser. Fulci est un cinéaste de l’image, c’est un créateur d’images marquantes, qui marquent à vie, des morts jamais vues ailleurs, visuellement parfaitement réalisées, originales et réalistes. Il est aussi un grand film sur la coexistence de deux mondes celui des morts et des vivants, la présence de ce monde des morts, qui donne toute la dimension onirique du film, est représenté par le tableau que l’on voit en entrée et en fin de film. Ce monde de la rêverie, ou plutôt du cauchemar, dans lequel nous entraine le film garde toujours la vision de cet étrange tableau, plusieurs des plans du film sont composés comme des tableaux, chargés de symboliques et de poésies, la horde de zombies dans l’hôpital, la vision des Enfers, reprise sur l’affiche officielle du film. Fulci est le cinéaste qui trouvera toujours l’image marquante, qui restera gravée dans votre esprit. Si le film a parfois vieilli, les acteurs ne sont pas toujours au top, je préfèrerai toujours personnellement « Frayeurs », immense film cauchemardesque, à la vision des enfers de « L’au-delà ». Mais « L’au-delà » est incontestablement un film à voir rien que pour quelques scènes devenues mythiques du cinéma de genre, tout bon amateur de cinéma bis se doivent de voir ce film.

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