Pourquoi les mafieux écoutent-ils toujours de l'opéra ?

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La scène d'ouverture nous montre un Benoît Magimel baignant dans son sang, apparemment touché par 3 balles de revolver. Il semble alors difficile de ne pas entrapercevoir le parallèle avec l'histoire de Karim Achoui, avocat du milieu.

Le second film de Cédric Anger nous narre l'arrivée de Léo, fraîchement diplômé de sa faculté de droit (à 32 ans) et rentrant dans le monde cruel des avocats pénalistes. Le choix de cette matière juridique n'est pas dû au hasard, Léo déteste le monde des "tricoteurs" du droit des sociétés scotché à leur bureau. Non, Léo veut plaider parce qu'il sait qu'il peut rivaliser avec les meilleurs (Il "plaidera" d'ailleurs deux fois dans ce film, ce qui témoigne de son amour pour cet art). Selon lui toute personne qui rentre en faculté de droit veut lutter contre l'injustice et défendre le plus faible. Ironiquement au bout de 2 mois de carrière il deviendra sans s'en rendre compte l'avocat du milieu de Montpellier. Cette ascension sociale fulgurante va lui être permise grâce à une technique juridique révolutionnaire : le vice de procédure. Le Champagne est donc de sortie et on fête la réussite du fils prodigue. Une seconde plaidoirie l'élèvera alors aux firmaments des ténors du barreau, notre brillant avocat va plaider l'égalité de tous devant la loi, du jamais vu. La cour est ému, le prévenu est relaxé .

Voici le résumé des 15 premières minutes du film et qui s'avèrent être les seules traitant du sujet principal. Pour le reste, on se trouve face à un thriller très classique, qui faute d'être bourré aux stéroïdes l'est aux stéréotypes. Une entreprise qui traite des déchets mais qui en réalité dissimule des produits toxiques (coucou Loulou Nicollin). Un mafieux qui écoute de l'opéra avec des putes, du whisky jaune et du champagne sans bulle. Des meurtres à la pelle également qui viennent nous rappeler à quelle point l'ancienne mairie du regretté Georges Frêche est comparable à l'Albanie, on en dénombre d'ailleurs plus dans ce film que dans la trilogie du Parrain.
Le scénario et la distribution font jeu égal, ils plongent tous les deux le film dans les méandres du cinéma français (arrêtez de faire des thrillers, c'est un appel au secours). Un Benoît Magimel plus que moyen comme à son habitude qui n'est vraiment aidé ni par ses répliques ni par ses partenaires.

L'histoire se conclut en apothéose sur l'intro de Free Bird, seul morceau qui compose la bande originale. C'est d'ailleurs l'unique choix pertinent du film, tant on sort libéré à la sortie de ce dernier.

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