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L'Élite de Brooklyn par Diego290288

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Si il n'est pas un grand réalisateur, Antoine Fuqua est un bon technicien capable de grande chose quant on lui donne un script de qualité. C'est pour cette raison que Training Day était la meilleure œuvre d'une filmographie inégale (thanks to David Ayer), « était » car avec Brooklyn's Finest, Fuqua se dépasse et signe ce qui est de loin son meilleur film.

Training Day traitait de la corruption policière mais aussi et surtout de l'éternel combat entre le bien et le mal à travers la fascination d'un jeune bleu (Ethan Hawke déjà) pour un « gangsta cop » incarné par un Denzel Washington monstrueux. Le charisme phénoménal du détective Alonzo Harris et l'atmosphère qui se dégageait de LA contribuait à faire de Training Day un film jouissif et parfois un peu complaisant bien que toujours proche de ses protagonistes.
Avec Brooklyn's Finest, Fuqua joue dans une autre catégorie : plus sombre et nettement plus violent que Training Day, le film baigne dans une atmosphère désespérée, à l'image de ses personnages qui constituent une des grandes forces du film.
En effet, les protagonistes du script de Michael C. Martin sont des flics au fond du trou et semblent s'enfoncer de plus en plus à mesure que le récit avance. Ainsi, le métrage ne fait pas de concessions et s'inscrit dans une démarche proche de celle d'un Olivier Marchal : flic est un métier pourri, ingrat et qui détruit le plus souvent ceux qui l'exerce. Que ce soit Eddie (Richard Gere tel que vous ne l'avez jamais vu...), ruiné mentalement et affectivement par ses 22 années de service, Sal (Ethan Hawke plus intense que jamais et dans un autre registre que T-Day) prêt à tout pour assurer l'avenir de sa famille et Tango (Don Cheadle a son meilleur), sous couverture depuis trop longtemps...
Ces trois flics sur le fil représentent des archétypes que l'on a déjà vu au cinoche mais rarement aussi bien écrits et qui révèlent que Brooklyn's est un film somme nourri par de nombreuses et prestigieuses influences.

De fait, ce film est tout simplement la synthèse de ce que la fiction policière ricaine a engendré de mieux depuis plus de 30 ans : on y retrouve la radicalité de William Friedkin dans French Connection et surtout dans Police Federal Los Angeles. Il y a aussi cette représentation de New York comme un enfer sur terre héritée de Scorcese ou de David Fincher. Enfin, il y a le réalisme et toute la tension de ces deux monuments télévisuels que sont The Shield et The Wire, dont on retrouve plusieurs acteurs : Hassan Jonhson (Wee Bey), Isiah Whitlock Jr (Clay « Shiiiiiiiiiiit ! » Davis) et l'immense Michael K. Williams (Omar Little).
Au final, si on exclut les films de Michael Mann Brooklyn's est le meilleur polar ricain depuis.... ben depuis Training Day qu'il surpasse d'ailleurs à tout les niveaux. Transcendé par un réalisateur à son meilleur, par un scénario d'une rare noirceur et par un casting au diapason (à ce titre, je n'ai pas dit à quel point j'ai été content de revoir Wesley Snipes !) : Brooklyn's Finest s'impose comme une référence voire comme un classique !

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