La maturité.... (Ou pourquoi c'est le meilleur épisode de la meilleure saga de tous les temps)

Avis sur L'Empire contre-attaque

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Qu'on se le dise. L'Empire Contre Attaque est le meilleur épisode de la célèbre saga Star Wars. Point. Film culte, point d'acmé de la plus grande saga intergalactique, adulé, connu de tous même par ceux qui n'aiment pas la saga. Plus qu'un film, c'est un objet de la culture populaire. Le "je suis ton père" est probablement l'une des répliques les plus célèbres du 7ème art.

La maturité visuelle est arrivée. Irvin Kerschner, qui a succédé à la réalisation à Lucas, propose une mise en scène bien plus dynamique et profonde, accompagné par une direction artistique qui a enfin les moyens de son ambition. La multiplication des maquettes, des décors, des combats est le fruit d'un travail considérable, réalisé par les équipes d'ILM qui se transforme à l'époque en temple des effets spéciaux et de l'avant garde visuelle.

On a bien sûr des vaisseaux spatiaux. Le faucon millenium qui s'échappe des griffes d'immenses croiseurs en se réfugiant dans des astéroides habités par des vers géants - qui visiblement n'ont pas besoin de respirer. Mais exit la cohérence, ça envoie ! Et que dire de l'immense vaisseau de Vader qui poursuit le Faucon en éclatant à coup de laser les astéroides sur son chemin ? C'est fort, très fort. Puis ces quadripodes qui marchent dans la glaçe sous les tirs desespérés des rebelles, c'est magistral et ça symbolise toute la puissance de l'empire venu broyer la rebellion et le nouvel espoir sous ses pattes motorisées.

Le premier décor est fabuleux. Une planète des glaces, recouverte en permanence par le blizzard, peuplée de créatures entre le grizzli, le yéti et l'ours blanc et une bataille épique entre l'Alliance Rebelle et l'Empire. Et quelle bataille ! des quadripodes blindés qui partent à l'assaut de la base rebelle et qui la balayent. Un seul moyen de les arrêter, leur ficeler les jambes avec un harpon et un câble de remorquage, promesse de belles scènes d'actions ! Hott, voilà bien une planète, qui, contrairement, à ce que son nom indique est glaçiale ! Totalement à l'opposé de l'inhospitalière Hott, Bespin, la cité des nuages, une petite ville en suspension, comme son nom l'indique cette fois, au-dessus des nuages. Pourtant, si la première était un refuge pour nos héros, la seconde est un piège. C'est aussi dans cette cité qu'a lieu ce duel de sabre mémorable et la fameuse réplique...

La maturité scénaristique aussi est arrivée. L'histoire est de plus en plus oedipienne ou freudienne. Dark Vador terrifie toujours mais s'humanise. Il est père de ce Luke encore fermier quelques semaines auparavant et en quête d'identité. Ce dernier se cherche une famille sans voir qu'elle est sous ses yeux puisqu'il bécote sa propre soeur, comme ça, incognito, ce qui ajoute une névrose de plus à cette famille au passif plutôt lourd. Et forcément, l'heure des révélations, inexorable, approche, des années avant les twist des séries modernes comme Game of Thrones. Au cours du premier combat de sabre vraiment spectaculaire de la saga, Luke affronte celui qui croit incarner le mal, scène remarquable, dans la pénombre, dans la brume, mystique et mythique. Dark Vador, vainqueur du duel, ayant coupé la main de son adversaire, lui révèle l'incroyable : "Non, je suis ton père." Choc pour Luke, choc pour le spectateur. Dark Vador crève alors l'écran. Il n'est pas le pur monstre manichéen. Il est un héros déchu, qui a sombré dans le mal, qui s'est trompé, qui a été dupé par le côté obscur de la Force. C'est un des twists les plus célèbres de l'histoire, magistralement amené et absolument terrible pour le spectacteur.

C'est aussi l'heure de la maturité sentimentale pour nos héros. Luke n'est plus un fermier ni un gamin et les hormones le titillent. Il embrasse sa soeur dans une scène extrêmement troublante avec du recul mais ne fait pas le poids face au charisme testostéroné de Harrison Ford qui nous gratifie de répliques plus cultes les unes que les autres. Harrison Ford d'ailleurs surnage dans le film et crève littéralement l'écran et le coeur de Leia, qui derrière sa froideur apparente est plutôt sentimentale. Que ce soit dans la glace polaire, le vide de l'espace ou le ciel de Bespin, les deux amants batifolent et se disputent sans cesse, apportant une grande épaisseur à l'ensemble, dans ce qui est de loin l'épisode le plus romantique de la saga (non, je refuse de parler de l'épisode II). C'est fin, délicatement amené, sans lourdeur aucune, servi par une mise en scène impeccable et une musique grandiose - chef d'oeuvre absolu de John Williams.

Même Le Masque et la Plume, émission de référence sur le cinéma, connue pour une certaine forme de frilosité ou de snobisme, ne s'était pas trompée à l'époque, parlant de ce film comme du film le plus important de 1980, illustrant le fait que Star Wars est entré dans l'histoire de la culture, avec un grand H et un grand C.

On peut conclure que cet épisode est le plus abouti, le plus complexe, le plus subtil de la saga. Il reprend tous les codes du premier volet pour les approfondir. Les personnages dévoilent leurs failles, leurs sentiments, les ennemis sont plus nombreux et se déchainent. La mise en scène est brillante - peut-être parce que George Lucas a laissé les commandes - mais elle permet de mieux discerner les tensions, le danger, le péril mais aussi l'humour et la cohérence de cet incroyable univers. Le rêve de gosse le plus absolu, deux heures de bonheur à l'état pur. Le blockbuster ultime.

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