Choisir son film parce qu'une actrice est en robe.

Avis sur L'Ex de ma vie

Avatar EvyNadler
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Ah, Géraldine Nakache. Je commence à tomber amoureux de toi, ma petite douceur, ma petite Cléopâtre des temps modernes, toujours à jouer tes rôles comme si ils étaient les derniers, à mettre du cœur. Qu'est-ce que je ne ferais pas pour toi ? Dans la longue collection de DVD devant moi (j'en ai des dizaines de milliers, totalement gratuits), en pile dans ma chambre, se trouvaient quasiment tous tes films. Même un film qui me semblait sympathique avec la très extravagante Mélanie Laurent, qui serait vraiment la dernière personne que je choisirais à l'épreuve de Koh-Lanta avec le bandeau sur les yeux pour me gueuler les infos. Puis j'ai vu cette affiche. Je me suis dit, quand même, Géraldine, une robe, des talons, une ex. Qui dit ex, de plus, dit, dans les comédies romantiques, très souvent une histoire de coucherie. J'ai eu le nez creux, car effectivement il y a eu coucherie : un plan de dix secondes, et Géraldine en robe qui grimpe sur son compagnon.

Non, sincèrement, il va falloir que j'arrête avec les actrices en robe sur les affiches. Une heure vingt, j'ai perdu une heure vingt. Certes, tu étais pleine de charme, pleine de tendresse. Certes, tu avais des bustiers bouffants, qui faisaient ressortir tes yeux. Mais pour quel résultat au final ? Qu'est-ce que je tire de cette heure passée à te regarder, à te dévorer du regard, à boire tes si jolies paroles, tes si sincères paroles ? Une heure, c'est peut-être rien. Mais une heure, c'est une heure, et j'aurais pu la passer à lire Pauline de Dumas, à aller faire mon footing de la semaine, à nettoyer la maison avant l'arrivée de sa propriétaire, à aller acheter des céréales pour les manger devant la néo défaite de l'Olympique de Marseille. Non, j'ai passé cette heure à te contempler, et à me maudire pour toute la vacuité qui s'étalait honteusement devant moi.

Parfois, je ne suis qu'une merde. Parfois, des filmographies entières me tendent les bras. Parfois, j'ai l'onglet d'un bon Scorsese d'ouvert, et au dernier moment je me laisse happer par le décolleté d'Estelle Denis dans Touche pas à mon sport. C'est ma vie. C'est la vie d'un beauf imbécile, d'un pervers dont la misogynie est trop souvent banalisée sur ce site. Une imposture, je ne suis pas l'homme cultivé qui tente maladroitement de vous prouver, jour après jour, qu'il peut vous apporter quelque chose de créatif et d'intelligent.

Géraldine, Ô Géraldine, pourquoi tournes-tu dans de tels navets ? Pourquoi te coller un italien poilu qui, visiblement, fait mieux les pizzas qu'il ne parle français (le racisme italien ordinaire, faut en parler) ; il ne te mérite même pas. Mais si, paradoxalement, tu avais été avec un superbe acteur, jouant à la perfection, une beauté triomphale, je t'en aurais voulu aussi, et l'aurais tellement jalousé. Non, Géraldine, je te veux seule, pour moi, je veux que tu fasses Je suis une Légende 2. Laisse-moi devenir le chien du film. L'ombre du chien. Laisse-moi jouer Didier pour te convenir. Tu n'es pas la plus belle, Géraldine, tu n'es même pas spécialement mieux fichue que Mélanie Laurent. Mais, crois-moi, tu nous fais tourner la tête, rien qu'avec la chaleur de ton humanité. Continue, Géraldine, mais ne m'aguiche plus avec tes robes, je ne souhaite plus te voir sur les affiches, délivre-moi du mal. Balaskose toi.

Non, jamais, jamais je ne parlerai de ce navet, mal monté, mal joué, inhabité, sans saveur ni valeur. Et dire que je recommence cet après-midi avec Virginie Efira. En robe, encore, dans Le Goût des merveilles. Dire que j'ai vu Nadia parce que Kidman était en robe. Milla Jovovich en jupe dans Calibre 45. Quelle misère. Quelle vie miséreuse. Pendez-moi haut.*

Petite anecdote à ce sujet, lorsque j'étais minot, mon papa m'avait montré Pendez-les haut et court. Durant des années (Google n'était pas vraiment mainstream), j'ai tenté de percer le mystère de ce titre. J'ai toujours cru que c'était "Pendez Léo et cours". Et je me disais, mais mince, comment il peut y avoir un vouvoiement puis un tutoiement dans la même phrase, alors que le type s'adresse à la même personne. Puis, il n'y avait même pas de Léo, donc c'était un vrai casse-tête chinois.

A plus tard pour de nouvelles aventures !

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