Le fabuliste tributaire de la technique

Avis sur L'Île aux chiens

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W.E.S A.N.D.E.R.S.O.N : Le monsieur, funambule de la mise en scène, nous livre un nouveau conte de qualité. Sa technique caractéristique fait office de balancier, ceci comme cela l’empêchant de chuter devant un spectateur avisé, lui, assoiffé d'originalité et de spontanéité. [Jean Tardieu m'a inspiré à poser de l'encre sur la feuille blanche, pour ceux et celles n'ayant pas reconnu la référence]. Bon je cesse de filer la métaphore et je m'enfile cette critique.

Vous en conviendrez, je reconnais sincèrement le travail fourni par W.Anderson et j'adhère à sa technique ; c'est un parti pris. Pourtant je ne suis pas admiratif, juste réconforté qu'un cinéaste puisse amener de la distinction, et participer de fait à la diversification du grand écran. Là où le grand Monsieur me touche [cible verrouillée vers et dans le palpitant] c'est dans cette spontanéité. Ici, là dans sa mise en scène soignée et joliment orchestrée, se déambulera l'extravagance ou du moins la témérité. Une illustration ? La tentative d'évasion du personnage de Ralph Fiennes dans The Grand Budapest Hotel. J'adhère donc sans porter un amour passionnel vers ces couleurs et cette poésie. Mon approche a t-elle évolué avec cette île infestée de clébards ?

L'île aux chiens. Avant d'être une retranscription d'une fable, une belle histoire chargée de symboliques, pour moi c'est avant tout de la Stop Motion, la belle et l'authentique. Grand passionné de la technique, je suis toujours et ce depuis l'âge d'or Harryhausien bluffé et subjugué par cette pratique. La prouesse est palpable dans cette nouvelle oeuvre, dans laquelle les moindres mouvements de babines seront perceptibles sur les personnages qui pourtant ne dépassent pas le livre de votre chevet. Cette méthode d'animation particulière laissant indifférent une grande partie du public, est comme une paire de gants confectionnée sur mesure pour celles du cinéaste. Lui adepte du perfectionnisme, le plateau de tournage d'un film en animation en volume nécessite d'intervenir sur les moindres détails. Le travail est réalisé, qui plus est, à petite échelle. Il faut être minutieux sur de petites surfaces. Si votre imagination est limitée pour ce soir, ne vous fatiguez pas et découvrez les incroyables behind-the-scenes.

Rien de plus ? Si bien sûr. On devine aisément qu'un casting cinq étoiles se cache derrière ces fourrures velues et ces grands yeux animés. Les personnages, dès leur première apparition, en imposent plus que de nombreux acteurs face caméra. Je ne sais pas si ce constat relève de la prouesse ou de la honte. Cela dépend de quel angle on pose notre regard, certains diront. L'histoire est sympathique et explicitement cohérente avec le système fourbe et invasif qu'impose les humains aux écosystèmes : l’égoïsme d'exister et de co-exister conjugué à un manque de compassion, le tout camouflé par l'argument du Politique, et de la rhétorique. L'art de persuader le peuple et de le charmer par de doux arguments prononcés par le représentant visuel de l'autorité.
Toutefois, je n'ai pas été, une fois encore, séduit plus que cela par le récit. Ce dernier, qui selon moi, manquait d'accorder plus de temps et d'importance sur la relation entre les personnages humains et canins : chose que je trouvais pourtant indispensable en tant qu'amoureux du grand règne animal.

Je réitère donc. Je ne suis toujours pas fan du bonhomme. L'île aux chiens eh bien j'ai assez apprécié mais sans avoir été totalement séduit.

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