Chroniques d'une enfance fragile

Avis sur L'Incomprise

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Peut-être le film le plus abouti d'Asia Argento à mes yeux.
Explorant les facettes d'une Femme qui devrait être la mère, la pute, la sainte ou l'enfant (on pourrait rajouter la folle mais elle n'est pas asexuée dans l'univers d'Asia Argento), la réalisatrice avait su dès Scarlet Diva dénoncer la difficulté à être soi-même lorsqu'on est incomprise. Le livre de Jérémie, âpre, dérangeant, avait illustré que malgré tout il n'y a pas qu'une seule façon d'être et surtout pas une seule bonne façon.
Ici la mise en abîme de la veine autobio suivie par elle se fait plus souvenir fantasmé d'une enfance fragile. Si la vie oblige parfois à jouer les adultes, la jeune Aria n'en reste pas moins une jeune fille en fleur, encore à l'orée de toute séduction pré-pubère. La cruauté de la vie en est moins glauque que dans son 2e film, vue peut-être avec encore un regard d'enfant avec peu de cynisme. Giulia Salerno est filmée avec des plans de son visage très magnétique, un sens du rythme qui peut faire penser à Truffaut mais aussi à Tati. Les comédies lourdingues façon Le Petit Nicolas devrait en prendre de la graine et y gagner en grâce (mais pas la peine qu'elles essayent, hein ^^").
L'Incomprise ou la non désirée. Statut de bâtarde où les parents comme Charlotte Gainsbourg - ersatz d'Asia se projetant dans une mère hédoniste et égoïste (égotiste ?) - sont des marionnettes que le vent anime et où les enfants se positionnent selon leur intérêt, s'ils en ont ce cynisme opportuniste. Si on est dans une quête d'amour et de reconnaissance, nul salut pour cet égo non narcissique. Et c'est là qu'on retrouve la Asia Argento punk : sous le rococo décadent de cette Italie fluo, paillettes, synthétique, il y a une sincérité dans l'intégrité.

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