Non, l'Insoumise n'est pas un spin-off féminin de la série-télé Le Rebelle avec Lorenzo Lamas

Avis sur L'Insoumise

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On assimile souvent, à tort, William Wyler au genre de l’épique notamment des suites de sa version de Ben-Hur. Outre le fait qu’il soit un réalisateur touche-à-tout, ses genres de prédilection demeurent la comédie et le drame. Dans l’Insoumise, il fait donc valoir son talent au service du drame. Partant d’une certaine légèreté, le film progresse vite vers un registre moins jouasse. Je retiens d’emblée cette scène de danse très bien conçue, qui parvient à faire partager le mal à l’aise de Bette Davis. On est écrasé par le regard de la société, ce Sud qui se revendique très « simple » quand ça l’arrange mais qui est loin de renier toutes ses « obligation » dans la haute-société.

On a donc Bette Davis et Henri Fonda dans ce couple assez fébrile. Déjà je salue l’excellent travail de Bette Davis qui rend son jeu plus complexe au fur et à mesure du film, passant ainsi d’un personnage insupportable au possible à un pur personnage de drame, triste et vicieux dans sa tristesse, avec qui on partage par moment de l’empathie. Même si Henri Fonda n’est pas encore badass, Wyler met son air bon-enfant tout gentil au service du film, et c’est intéressant de voir comment la situation évolue alors que je pensais à la base qu’il serait un homme-serpillère, un bonhomme qui s’en prend plein la gueule sans râler.

Le film a évidemment de grosses ficelles, le contexte dans lequel il est placé est très rapidement lié à l’intrigue en elle-même si bien qu’on peut prédire une partie du déroulement de l’histoire. Seulement, j’ai trouvé cela beau. Le final m’a fait comprendre que je croyais aux personnages. Un final assez puissant et presque épique, puisque l’espace de quelques instants j’ai repensé à la dernière partie de Ben-Hur. Le film rappelle par certains aspects Autant en Emporte le vent, mais à la différence du métrage de Fleming, l’insoumise (ou plutôt Jezebel, c’est mieux je trouve) n’a pas la même ambition et demeure tout de même plus intismite.

Ajoutez à tout cela un travail de réalisation de la part de Wyler vraiment adéquat, dynamique et classieux puis d’assez belles compositions musicales de Steiner. Un film à découvrir pour tout amateur d’un trio entre William Wyler, Henri Fonda et Bette Davis.

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