L'Odeur des fauves

Avis sur L'Odeur des Fauves

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Une des premières tentatives de Richard Balducci de s'acheter une carte d'auteur avec les royalties du Gendarme entre deux conneries pour samedi soir. Dans un carton introductif, le réalisateur explique même que L'Odeur des fauves fait figure de témoignage de ses années d'apprentissage en tant que journaliste. Autant de bonnes intentions, on aurait envie de croire en cette charge (très personnelle donc) contre les journaux peu scrupuleux et les paparazzi en culottes courtes, si Balducci n'était Balducci. Opportuniste, L'Odeur des fauves est surtout prétexte à proposer des bouts de chair aux curieux, à montrer au provincial lors de sa sortie ciné combien Paris est une ville vicieuse peuplée de jetsetteurs, à tirer à boulet rouge sur le métier de journaliste avec la finesse d'une rédaction d'ado sur son blog d'actu, le tout derrière une romanche guimauve et chichiteuse. Comme si Claude Lelouch se maquait avec Yves Boisset, L'Odeur des fauves est moins une œuvre politique (faut pas déconner), qu'un docu malgré lui sur le début des seventies, sur ce regard faussement humaniste mais clairement raciste sur la communauté noire, sur un cinéaste qui essaye par tous les moyens de jouer au plus sérieux, mais qui ne peut s’empêcher de s'abaisser à des gags foireux (le club gay) ou à des plans nichons gratos. Pendant ce temps là, Maurice Ronet s'excuse du regard et Vittorio De Sica reste classe, grand prince. Une curiosité, rigolote pour certains, affligeante pour d’autres. Comme d'hab, je suis du premier groupe.

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