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Avis sur La Belle Américaine

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En 1961, la voiture est presque devenue un produit de consommation courant. L'industrie automobile connait une croissance importante durant les Trente Glorieuses, aidée de plus par le recours au crédit facilité dans les années 1960. Mais elle est encore un symbole d'une certaine prospérité d'un ménage, même ouvrier. Être propriétaire de son véhicule, c'est montrer une certaines aisance, une liberté de déplacement, une gestion du ménage parfaite. Et par conséquence, elle peut tout aussi bien devenir un vecteur de jalousie, ou du moins d'envie.

L'auteur croque ses contemporains en grossissant gentiment le trait. Les ouvriers sont les as du système D et solidaires entre eux, les riches un peu pédant mais pas si méchants, bref le français est un gars bien, quelque soit son statut social. Mais c'est le propre du cinéma de Dhéry, aux gags parfois loufoques (il est passé par le cirque et ça se sent dans certaines scènes assez clownesques), et à la naïveté voulue et assumée.

Ainsi l'on voit la vie d'un quartier populaire où tout le monde se connait et s'entraide, à la vie peu compliquée, une vision bien-sûr un peu fantasmée, même à l'époque. Toutefois, Dhéry épingle ce qui est encore vrai aujourd'hui : la fascination qu'éprouvent certains pour les grosses voitures ou les modèles exceptionnels, ainsi que l'image, souvent trompeuse, qu'ils peuvent donner de leur propriétaire.
En parlant de l'esprit Banquignol, on peut noter la fidélité de l'homme à sa troupe théâtrale de joyeux lurons, et la plupart des troupiers apparaissent dans le film dont un Louis de Funès hilarant. Cet esprit, c'est aussi la bonne humeur et elle prime ici devant toute autre considération. Si le film a vieilli (par exemple la scène à propos de la confusion des nouveaux et anciens francs va échapper aux plus jeunes), il n'en reste pas moins plaisant à (re)voir.

A noter que l'ultime scène est tournée en couleur alors que le reste du film est en noir et blanc, comme un symbole d'une nouvelle ère, celle de l'automobile...

Pour info : La voiture
La « belle américaine », dont ni la marque, ni le modèle ne sont révélés dans le film, est une Oldsmobile Rocket 88, modèle 1959, ayant subi quelques modifications esthétiques visant à la rendre méconnaissable. Suivant une autre source, il s'agirait plutôt d'une Oldsmobile 98 de 1959 ou 1960 modifiée.

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