Un âne sur un toit glissant

Avis sur La Belle Équipe

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[Attention, quelques spoilers à l'horizon !]

Etant donné sa flatteuse réputation, j’en attendais un peu plus… je sors quelque peu déçu de la séance. Il paraît que deux fins ont été tournées, à priori j’ai eu la chance de voir celle voulue par Duvivier. Malchanceux dans mon coup de bol, je l’ai trouvée plutôt manquée, donc finalement ...

Ce final sorti de nulle part, qui voit Gabin se mettre de la poudre sur les mains (alors qu’il est le seul à avoir les racines profondément ancrées dans le sol) est pour moi d’une gratuité aussi irritante que la sortie de toit qui la précède. Des ressorts dramatiques complètement hors de propos qui n’ont pour but que de bien faire comprendre au spectateur que sous ses airs de tranche de vie heureuse, la belle équipe cache un drame pessimiste qui ne fait pas de cadeau.

Je suis pourtant très client de ce genre de parti pris, encore faut-il qu’il y ait un effort narratif constant qui soit réalisé pour construire une ambiance désespérée. On sent bien que Duvivier essaye de parsemer son film d’un peu d’huile, par ci, par là, pour s’autoriser une grave glissade, à un moment ou à un autre, mais c’est fait maladroitement. Du coup, quand la jarre se brise, c’est à coups de marteau piqueur, un peu plus de subtilité aurait été la bienvenue.

Malgré tout, la belle équipe est une bobine agréable, habitée par des acteurs au verbe communicatif et une histoire d’amour particulièrement bien tournée. Chose rare, elle est une composante essentiel à la montée en puissance du personnage incarné par Gabin (on ne l’appelle pas Patron pour rien ici, il te donnerait presque envie d’apprendre à chanter pour aller faire le caïd dans les bals musette ^^), un vrai mec (si l’on en croit la charmeuse Viviane Romance) aux principes en béton armé, l’archétype du bonhomme droit dans ses botes dont il a le secret. Quand le bougre décide son retour au célibat pour préserver le noyau nécessaire à la bonne tenue de son projet, l’émotion se substitue à la bonhommie ambiante, preuve que le personnage est réussi.

Excepté son dénouement scabreux, le triangle amoureux que compose ici Duvivier mérite, à lui seul, le coup d’œil, et justifie la belle réputation que se trimballe la belle équipe. Il suffit de ne pas être un aigri notoire comme moi pour mettre de côté les quelques soubresauts malades du script pour trouver tout cela plutôt audacieux. Mais, que voulez-vous, on ne se refait pas.

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