Vive la France, vive l’amour et vive Léon Gambetta

Avis sur La Belle Équipe

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La belle équipe, c’est le genre de film français de la grande époque qu’on aborde avec enthousiasme. Le genre d’entreprise condamné au succès. Le film nous plonge dès le départ avec rythme dans la bonne humeur paillarde d’un groupe de copains des plus sympathiques, mené par l’immortel Gabin, a.k.a. Jeannot le magnifique. On se laisse convaincre facilement par ce buddy movie à la française, aux dialogues savoureux, comme souvent lors de cet âge d’or.

Si le style et le cœur sont là, le film peut cependant décevoir par sa naïveté. La belle équipe, c’est un peu « Avoir un bon copain » de Brassens mis en images, avec un arrière-gout de mélancolie et d’amertume. C’est à la fois une ode à l’amitié franche et virile, à la saine camaraderie, mais également un conte simpliste à propos de ce qui sépare franchement les hommes ; c'est-à-dire les femmes, évidemment ! Dans ce film, il y a deux types de femmes : la cruche à qui l’on peut faire croire n’importe quoi, pas vicieuse, plutôt femme-enfant, mais qui va diviser malgré elle par son envoutante innocence, et puis la pouffiasse, la vamp façon titi parisienne, grossièrement manipulatrice, envieuse, capricieuse, bref, répugnante et dont les agissements provocateurs constituent des appels à la trempe (voire au viol) caractérisés. Je ne vais pas m’ériger ici en féministe hystérique qui, avec moult anachronismes, s’insurge contre tout ce machisme, mais quand même, on a fait plus intelligent en termes de caractères et d’interactions.

La belle équipe contente si l’on sait s’en tenir à un simple bain de bonne humeur. Par contre, si l’on recherche dans les personnages un peu de consistance et d’intelligence, qui conféreraient au récit une certaine envergure dramatique, là, on est clairement déçus. La belle équipe est un conte mettant en scène de braves gens dont les malheurs ne sont imputables qu’au destin. Parmi les poncifs de cette belle histoire écrite par des amoureux inconditionnels du prolétariat, l’opposition entre les joyeux ouvriers sans vice et le vil usurier de la bourgeoisie, planant sur leur entreprise tel un vautour, n’est pas le moins agaçant.

Le film se casse complètement la figure sur son final improbable. Tandis que les producteurs américains ont souvent imposé au forceps des happy ends improbables, on est ici avec Duvivier complètement à l’inverse, dans une espèce de volte-face dramatique des moins crédibles. Une seconde fin a été tournée, très angélique, et malgré ses bons sentiments et sa facilité, elle donne au film une conclusion moins grotesque.

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