C'est comme le dessin-animé mais en moins bien

Avis sur La Belle et la Bête

Avatar Antigone Ripley
Critique publiée par le

Comme l'annonce mon titre, l'oeuvre est identique à l'originale à 98 %. L'action se passe dans un petit village français, après la guerre, Belle est avide de livre et est plutôt négativement perçue par les autres villageois hormis Gaston qui veut en faire sa femme, son père disparaît, elle part à sa rescousse, bref, on connaît la suite des événements. Le gros problème du film tient en ceci, il n'a pas réussis à se démarquer du dessin-animé et pour les rares scènes et le personnage qui ont été inventé, la démarche créative est complètement loupée.
Le nouveau personnage introduit est en fait la fée qui maudit le prince au début des deux oeuvres, donc ce n'est pas vraiment un nouveau personnage mais ils ont tenté de lui donner un peu plus d'importance et d'épaisseur, enfin je suppose, elle apparaît trois ou quatre fois le long du film mais elle ne sert strictement à rien sauf

à permettre au prince de retrouver sa forme d'origine alors que le dernier pétale est déjà tombé

on la mentionne de temps en temps, on la voit, on se dit qu'il va se passer quelque chose de nouveau, de réellement novateur et en fait, non. Pas du tout.
En ce qui concerne les nouvelles scènes, on s'en serait bien passé. Le film a voulu répondre à la question : qu'est-il arrivé à la mère de Belle ? Personnellement je trouvais cette idée un peu prévisible et non-indispensable. Dans la majorité des Disney il ne reste que l'un des deux parents, c'est souvent expliqué pourquoi, pas toujours et quand ça ne l'est pas, quand on connaît le studio on se doute que c'est parce que l'autre est mort et je ne suis pas certaine que vouloir y répondre soit vraiment légitime, après tout, ça laisse l'enfant imaginer et le change un peu de la mort racontée ou montrée du parent. Après, c'est mon envie mais maintenant, je vais vous dire pourquoi on s'en serait bien passé ici. La Bête nous montre un livre, autre invention qui n'aura d'utilité que pour cinq minutes dans le film, ce qui en fait une invention facile, qui permet de voyager dans le temps et l'espace, bref c'est le TARDIS mais en miniature, et nous voilà donc propulser quelques années en arrière, à Paris ( parce qu'on ne peut pas parler de la France soit nous montrer au moins une fois la tour Eiffel ) et on nous explique que la mère de Belle est morte de la lèpre ou une autre maladie aussi séduisante. On nous invente un nouvel objet, on nous filme une nouvelle scène mais ça n'a d'importance que pour cinq minutes où ils se retrouvent à Paris, c'est tout. Rien de plus. Le livre n'est plus jamais touché par la suite et Belle ne semble pas plus que ça affectée, d'une manière ou d'une autre, par la mort de sa mère, même si c'est arrivé vingt ans auparavant, elle aurait pu paraître soulagée de savoir enfin ce qui lui était arrivé mais, pas vraiment. Elle s'en fiche.
Autant continuer avec les "innovations" du films et poursuivons avec ce qui avait choqué quelques pays au point de le censurer : le Fou, personnage gay. Alors déjà, choisir celui-ci en particulier pour montrer que Disney n'avait aucun problème avec l'homosexualité, c'est plutôt mal partis puisque, premièrement, le Fou = la folle, je crois que je n'ai pas besoin de m'appesantir dessus, rien qu'à cause de son nom, cela ne semble pas être un heureux choix. Ensuite, homosexuel, homosexuel, ... c'est vite dit. C'est flagrant seulement durant les dernières secondes du film. Quand je suis rentrée chez moi, j'ai cherché pourquoi on le disait ouvertement homosexuel, réponse : quand il chante dans la taverne, il montre son ventre où apparaît une marque. Personnellement, j'ai cru qu'il s'agissait d'une morsure de Gaston, et je me suis dit qu'il s'était battu dans une lutte tout ce qu'il y a de non-sexuel mais non, c'était, paraît-il un suçon. Depuis quand Disney se met-il à faire apparaître des marques possédant un tel caractère sexuel dans ses oeuvres pour enfants ? Soyons francs, un gamin de cinq ans qui regarde le film ne va probablement pas s'imaginer qu'il s'agit d'autre chose que d'une morsure. Ensuite, pour être tout à fait honnête, ils ont le mérite d'avoir fait de ce personnage un homme se tournant vers la bonne cause, dans la bataille finale, il se bat contre ceux avec lesquels il est venu et ça ne peut être qu'une bonne idée. Mais peut-être est-ce également le cas dans le dessin-animé ?

PS: le dessin-animé est génial !
Dernière invention de Disney : le prince sait lire. Cela peut paraître anodin comme ça mais dans le dessin animé c'est justement des scènes touchantes quand on voit Belle lui apprendre à lire, par cet apprentissage il s'humanise, il démontre sa faculté à vouloir aller de l'avant, tandis que dans le film, on les voit lire côte à côte mais il n'y a plus cette dimension de l'être cherchant à redevenir humain, d'autant plus que comme on apprend qu'il ne sait pas lire, on se souvient qu'il a été maudit étant jeune garçon, ce qui ne peut qu'émouvoir davantage de savoir qu'enfant il s'est tout à coup retrouvé dans le peau d'une bête.
Ceux qui font partis de ma génération, se souviendront probablement toujours d'Emma Watson comme étant Hermione Granger, les plus jeunes, par contre, risqueront de s'en souvenir comme étant Belle et c'est fort dommage. D'une part parce que son personnage fait montre d'une incroyable naïveté, fragilité et parce qu'elle n'est pas là dans son meilleur rôle. Dans le dessin animé, Belle est une jeune femme indépendante, qui se soucie de son père au péril de sa vie, c'est bien montré, mais dans le film ... Alors oui, elle échange sa place contre son père mais elle ne lui tient pas tête, contrairement au dessin-animé, elle le piège en réussissant, par une manœuvre fort inattendue et espiègle ( sarcasme ) à s'enfermer elle seule dans la prison. Il y a ce moment aussi où lorsqu'elle apprend, par le miroir, que son père est malade, elle ne supplie pas la Bête, ne cherche pas à s'enfuir, elle attend simplement qu'il lui donne la permission. Dans le dessin-animé, quand elle le supplie, il y a une sorte de fureur dans ses gestes, on sent que si il lui dit non, elle ira tout de même. Encore une fois, le personnage se montre décevant.
Cela dit, il n'y a pas que des défauts, non, les effets spéciaux sont vraiment bien réalisés et l'ordre est respecté en ce qui concerne la transformation de la bête en homme, d'abord le pied puis la main. Par contre ses cheveux on aurait dit du foin, on est loin de la chevelure soyeuse que nous donne à voir le dessin-animé. Pardon, c'était censé être la partie positive. Non, à part les effets spéciaux il n'y a rien à sauver. ... Ah mais si ! L'acteur qui interprète Gaston est parfait dans son rôle.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 140 fois
1 apprécie

Autres actions de Antigone Ripley La Belle et la Bête