Hollywood revisité

Avis sur La Classe américaine

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La classe américaine : le seul et unique film réunissant à leur insu John Wayne, James Stewart, Dustin Hoffman, Burt Lancaster, Angie Dickinson, Henry Fonda, Robert Redford, Orson Welles... et Julien Lepers !

Ce téléfilm produit par Canal Plus au début des années 90 fait figure de véritable détournement d'images, images issues d'une importante quantité de films américains pour la plupart estampillés "classique". Michel Hazanavicius et sa bande nous concoctent une gigantesque parodie témoignant d'un réel savoir-faire technique, agençant des plans ou même des séquences entières de polar, de western et même de science-fiction dans une visée burlesque. Si les images sont restées pratiquement en l'état les dialogues, intégralement modifiés et doublés en français, alimentent un scénario finalement assez grossier qui reprend l'héritage sans précédent du chef d'oeuvre Citizen Kane.

Le montage du Grand détournement, s'il réussit à nous faire avaler bon nombre de couleuvres sur le plan des faux-raccords spatio-temporels, bénéficie surtout d'une remarquable et amusante synchronisation au niveau des doublages. On suit donc l'enquête sur la mort de l'homme le plus classe du monde ( l'illustre George Abitbol, incarné par John Wayne ), une poignée d'inspecteurs s'interrogeant sur le sens profond de ses dernières paroles ( "Monde de merde" ) tout en farfouillant dans une cacophonique machine à flashbacks assez pertinente quant au propos. On verra, entre autres choses, Dustin Hoffman passant les trois-quarts de son temps à geindre sur ses incommodités gastriques, James Stewart faire un réquisitoire édifiant contre la haine raciale ou encore un Amérindien proposer chaleureusement un repas à base de chips à Henry Fonda.

Le ton est gras, souvent en dessous de la ceinture voire derrière le pantalon, pas toujours drôle car presque toujours dans le même registre pipi-caca. L'aspect le plus réussi du film réside dans le décalage entre la sobriété des figures du Cinéma classique et la gratuité des dialogues, à la fois vulgaires et habilement incorporés à cet étrange hagiographie funèbre. Il faut reconnaître l'ingéniosité sans limites du monteur et des doubleurs, qui ont effectué pour l'occasion un travail proprement prodigieux. A voir !

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