balek

Avis sur La Colline des hommes perdus

Avatar Aymeric Walden
Critique publiée par le

Le contexte : guerre du désert. Le héros : Joe Roberts (Sean Connery). Le lieu : une caserne lybienne où la température doit avoisiner les 40°C. La nationalité : anglaise.
Fort de ces ingrédients, Sidney Lumet propose une réflexion sur la justice. A l'instar de son premier film mais avec une nette évolution tant la perplexité au sortir du film s'empare du spectateur dans une approche moins didactique que son film de 1957.

Joe Roberts est donc envoyé dans ce fort lybien, côté anglais, pour purger la peine de son indiscipline. Il a cogné un supérieur et des faits de désertion lui sont reprochés. La particularité de cette caserne est qu'elle recèle en son centre une colline construite par les prisonniers, un genre de supplice de Tantale et de mythe de Sisyphe tout à la fois, que les punis doivent gravir et descendre en courant jusqu'à épuisement total de leurs forces. Le sergent Williams ne se prive pas d'abuser de son pouvoir pour faire payer sadiquement les prisonniers de leurs fautes passées. Il en pousse un à la mort. S'engage une lutte musclée entre Joe Roberts, incarnant la justice individuelle et la mansuétude du héros de guerre dont l'honneur est inentamé malgré les faits qui lui sont reprochés, et le sergent, un sadique alcoolique, qu'une scène nous montre en train de se soûler, probablement pour oublier ou, tel ces cadres sup habitués du bondage, pour se punir. En outre Sidney Lumet nous montre un monde d'institution (la loi martiale ici) dépassant les individus, un engrenage implacable au-dessus de la responsabilité individuelle, qui étend ses filets jusque sur la psychologie des personnages : ces bidasses pliés, tordus, exécutés sous le poids de la justice martiale. Les scènes laissant sans cesse apercevoir des soldats en entraînement, au rythme des officiers vociférant des ordres, qui eux se ménagent au frais, jouissant même des privilèges d'un bar, nous font, nous, spectateurs, nous apitoyer et compatir au sort exécrable de ces pauvres miloufs, obligés de courir pendant qu'ils se font servir leur pitance, jusqu'à l'absurdité. Un film dur mais beau.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 72 fois
8 apprécient

Autres actions de Aymeric Walden La Colline des hommes perdus