Trois anges sont venus ce soir...

Avis sur La Cuisine des anges

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Noël 1895, île du diable. Trois forçats évadés du pénitencier (Humphrey Bogart, Peter Ustinov, Aldo Ray) trouvent refuge dans une boutique où ils décident de rester travailler, en attendant de la piller afin de pouvoir embarquer pour la France. Mais au contact du propriétaire Félix Ducotel (Leo G. Carroll), de sa femme (Joan Bennett) et de sa fille (Gloria Talbott), trois honnêtes gens bien trop gentils pour être volés, les bagnards ont soudain des remords. Heureusement, l’insupportable cousin André (Basil Rathbone) doit débarquer le lendemain, avec dans l’idée de licencier Félix. Voilà un homme qui devrait se charger de leur ôter tous leurs remords ! Pourtant, Félix refuse d’avoir recours aux talents de faussaires voire d’assassins des évadés pour se débarrasser de son cousin. Mais il est bien permis de donner un coup de pouce à la Providence, de temps en temps, n’est-ce pas ?

Alors que, pour les fêtes de Noël, Frank Capra décide de faire descendre un ange du ciel (La Vie est belle), et que George Seaton voit les choses en grand, faisant appel au Père Noël en personne (Miracle sur la 34e rue), Michael Curtiz, lui, décide de convoquer trois bagnards à Cayenne, qui vont répandre le bien autour d’eux, tels les trois anges des chansons de Noël . A ces fins, ils vont vouloir faire preuve de leurs talents d’escrocs, de faussaires et d’assassins, mais qu’on se rassure, la morale sera sauve, car la Providence, avec son humour habituel, trouvera toujours un moyen de devancer leurs vœux. Source de comique inépuisable, pour la plus grande joie d’un spectateur qui a bien peu de chances de s’ennuyer devant une comédie allègre, aux dialogues parfaitement ciselés et aux situations aussi loufoques que jouissives.
Si le cadre de l’action est très limité et que l’artificialité n’est jamais loin (le jeune médecin, qui arrive comme un deus ex machina), on ne s’en souciera guère pour goûter le charme d’une comédie savoureuse, qui parvient à faire jaillir la morale au milieu de la plus belle immoralité (mais n'est-ce pas là justement la magie de Noël ?). Et comme cette immoralité sans cesse entravée par un malin destin est incarnée par la fine fleur du cinéma américain à travers des Humphrey Bogart, Aldo Ray et Peter Ustinov en grand forme, tous trois parfaitement à leur place, on ne boudera certainement pas notre plaisir. Mais les autres personnages ne sont pas en reste, et Curtiz nous offre toute une palette de personnages haute en couleur, qui n’est pas sans évoquer le génie de la comédie anglaise, Wodehouse, dont on retrouvera par ailleurs le même type de rouages comiques parfaitement huilés. Tout ce monde s’amuse comme des petits fous, et on aurait tort de ne pas les imiter…

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