Maciste ou Maximus : dans la vie, faut faire des choix

Avis sur La Dernière Légion

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Un bout de temps qu'il traînait dans l'attente d'être visionné, ce bougre de film estampillé « jupettes et glaive, poils et sueur, légion et barbare ».

Dans la série reboot antique j'ai beaucoup aimé Gladiator, apprécié l'Aigle de la neuvième légion pour ce qu'ils étaient : des films d'aventure. Le premier est historiquement aberrant mais agréable à suivre, le second a le mérite de ne pas viser la lune (merde, citer Amel Bent, c'est vraiment la crise) et d'offrir un moment de divertissement correct. Et puis il y a avait eu aussi ce Roi Arthur en mode « la légende arthurienne a des bases historiques », finalement bien moins pire que ce que j'avais crains. Et puis il y a ce film pour qui je passe du temps à pondre une petite critique.

On va immédiatement zapper la question péplum historique : c'est bidon de A à Z, d'alpha à oméga ; les costumes, les légionnaires encore fichés de leurs boucliers rectangulaires abandonnés depuis belle lurette en cette fin de Vè siècle, de cette formation de tortue, de ces châteaux, oui château, médiévaux en pleine campagne britannique de … on s'en fout en fait, c'est tellement bidon qu'au moins il y a une logique assumée : celle de suivre le troupeau des gens pour qui Astérix est la source de toute analyse d'une histoire romaine.

Alors que reste-il ? Un casting sympa : Colin Firth , Ben Kingsley, il y a pire. Constantinople = empire d'orient = mec un poil bronzé : ok, vl'a Alexander Siddig qui a la classe. Barbare = poils roux + mecs qui sait taper avec une épée, ou hache et faire une tête de colère : ok, Kevin McKidd a été libéré de Rome. On veut un sénateur verreux, car à Rome tous les sénateurs sont verreux on a le spécialiste attitré qui est libre : John Hannah formé à l'école de Spartacus. On veut de l'orientale ? Ben voici la très belle Aishwarya Rai.

Ce petit monde offre sont lots de personnages caricaturaux à souhait, sans le début du commencement d'une profondeur mais, de toute façon, ils ne sont pas là pour ça. Il sont ici pour un scénario au vrai potentiel, relier la fin de l'empire romain d'occident à la légende arthurienne autour d'une épée forgée pour César, le vrai, en Bretagne.

Le souci, en fait, est dans le non choix. Pas assez de second degré pour rejoindre Conan le destructeur. Pas assez de fantastique pour devenir de la fantasy. Aucune recherche historique sérieuse pour livrer quelque chose de sérieux. Un début de film digne des aventures des années 50/60 mode péplum de papy ou super film de la veine des Vikings, le tout en promesses jamais abouties, et un final catastrophique de niaiserie. Une absence cruelle de choix.

Et puis cette fin : perso, je prends ces 3 minutes pour commencer le film. Du coup je suis là pour narrer une histoire sympa à un gamin. Du coup, d'entrée, je sais comme spectateur à quoi m'attendre. Je pose mon cerveau, fais péter la glace, les mars (Rome, Mars … oui lecteur je sens que tu fatigues, aussi je t'aide à comprendre mes vannes foireuses), les popcorns et en avant. Sur que je montrerai ce film à mon fiston ; pour moi, adulte, amateur d'antiquité, il m'a fallu tout éteindre dans mon crâne. Là, j'ai parfois ressenti le plaisir d'enfant regardant un bon vieux Maciste (tellement nanaresque qu'il en devient culte) ou la Terreur des Barbares pour le cliché du barbare écervelé, beuglant mais sachant lire le latin … ^^U

Un film pauvre et sympathique, navrant et touchant de naïveté. Un anachronisme bizarre pour nos gosses.

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