Hantise de l'interdit

Avis sur La Falaise mystérieuse

Avatar Bastien Marie
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Attention, cette bafouille peut contenir des spoilers ! Merci de votre compréhension.

Quand la pub du bluray de The Uninvited annonce tout de go : "L'un des trois films les plus terrifiants de tous les temps" selon Saint Martin Scorsese, évidemment il devient un must have ! D'autant plus qu'il contient un sublime livret (que je vais me contenter de paraphraser dans cette critique). Et quand on juge sur pièce ce film de maison hantée assez précoce - seul Rebecca d'Alfred Hitchcock sert de jurisprudence - on est pour le moins bluffé par l'épouvante que procure The Uninvited qui, si elle ne compte pas forcément parmi les trois plus grandes de tous les temps (désolé, Marty, je préfère La Maison du diable de Robert Wise), a en tous cas nullement vieilli.

En effet, Marty est loin de s'être fourvoyé devant ces séquences nocturnes extrêmement angoissante où Lewis Allen et son chef op nommé à l'Oscar Charles Lang s'amusent habilement avec les lueurs des bougies pour faire triompher les ténèbres. La mise en scène sobre et suggestive de l'un se marie incroyablement bien avec la photographie presque expressionniste de l'autre pour terrifier immanquablement le spectateur. L'autre surprise de The Uninvited est que ces séquences de trouille se joignent avec une ambiance plus romantique que gothique.

Malheureusement, ces brusques changement de registres est le principal défaut du film, quand bien même j'appréciais le fait que le duo principal Ray Milland/Ruth Hussey, tous deux fort élégants, soit frère et sœur, empêchant l'amourette d'un couple avoir raison de la chair de poule. Pour autant, il faut bien avouer que les incessants retours à la légèreté du jour, accompagnés de la musique guillerette et envahissante de Victor Young, empêchent The Uninvited d'atteindre sa pleine intensité.

Pour autant, tout le film se suit avec beaucoup de plaisir, surtout parce que de la même manière qu'Allen traite son fantastique avec de l'invisibilité (quand il n'a pas recours au son, il invoque les fantômes avec des odeurs), il introduit également via ses fantômes des sujets encore bien trop sulfureux pour le Hollywood de l'époque. Entre l'enfant illégitime et l'homosexualité féminine, les fantômes de The Uninvited lavent leur linge sale en famille ! Et soudain, l'épouvante et l'humour se marient à merveille dans le premier film très réussi de Lewis Allen.

PS : j'ai vu The Uninvited un soir de fort orage avec ma chérie, ce qui est une occasion idéale pour le découvrir !

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