👉 20 mai : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

Il y a une certaine lourdeur, une certaine prétention, dans la mise en scène, que beaucoup avaient déjà décriées dans ses deux précédents films - les deux seuls que j'ai vus - mais qui ne m'avaient pas choqué. Yorgos avait son style de direction d'acteur, et je l'acceptais dans The Lobster et l'adorais dans le Cerf Sacré, même si c'est très particulier. La mise en scène elle, parfois provoc, était tout ce qu'il y avait d'académique, à mes yeux.

Ici, c'est le contraire. C'est la direction d'acteurs qui est redevenue académique et la mise en scène m'est cette fois-ci apparue comme lourde, parfois grossière, et surtout extrêmement prétentieuse.

Yorgos use et abuse du fish-eye sans la moindre raison et fait penser à ces réalisateurs qui ont tous pensé réussir à reproduire le côté anxiogène et claustro d'Evil Dead parce qu'ils utilisaient comme Raimi le fish-eye. Mais Raimi avait une façon très particulière de l'utiliser, un peu comme Scorsese parfois. Il l'utilisait uniquement sur les visages. Yorgos utilise son fish-eye dans des plans larges et fixes. Pendant tout - le - putain - de - film.

Le problème, c'est que bien que je m'attarde sur ce point-là, ce n'est pas le seul défaut de mise en scène. Le fish-eye cristallise tous les problèmes, mais n'est pas le seul. Son montage, ses assemblages de postulats par celui-ci, ses ralentis, le chapitrage un peu aléatoire. Absolument tout est là pour anéantir les performances extraordinaires d'Olivia Colman, Rachel Weisz, et dans une moindre mesure - où peut-être suis-je habitué ? - d'Emma Stone. Même les deux seconds rôles masculins font le taf et font partie d'un ensemble de comédiens tous aussi drôles les uns que les autres, autant par leur diction que par leurs dialogues. Ces derniers, lorsqu'ils ne se perdent pas en logorrhées politiques, sont de loin la meilleure qualité d'un scénario un peu chiant et qu'on connait déjà par coeur.

Au final, difficile de se concentrer sur la belle musique, la direction artistique parfaite, et ces acteurs géniaux, quand tout est aussi mal mis en scène.

WallydBecharef
6
Écrit par

il y a 3 ans

La Favorite
EricDebarnot
5
La Favorite

Mouth wide shut

Il est toujours amusant de réaliser combien, à toutes les époques, on aime se faire rouler dans la farine et abuser par les imposteurs les plus outrageusement ambitieux et dénués de scrupules : c'est...

Lire la critique

il y a 3 ans

96 j'aime

33

La Favorite
guyness
8
La Favorite

God shave the queen

Les bâtiments des siècles passés exaltant la puissance et la richesse de leurs commanditaires ont depuis toujours provoqué en moi un doux mélange d'admiration et de répugnance, par leur façon quasi...

Lire la critique

il y a 3 ans

81 j'aime

16

La Favorite
pollly
9
La Favorite

“Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute.”

Yórgos Lánthimos en 3 films et en 3 trois actes. Il y eu d'abord Canine (2009), puis The Lobster (2015) et La mise à mort du cerf sacré (2017). Lánthimos cinéaste de l'indicible, fait de chacun de...

Lire la critique

il y a 3 ans

67 j'aime

8

Godzilla vs Kong
WallydBecharef
4

Mais, vous allez finir par les laisser se battre, bordel de merde ?

Depuis 2015, nous sommes comme Ken Watanabe dans le premier Godzilla, on veut voir deux des plus grands monstres de l'histoire du cinéma se foutre sur la gueule. Après Godzilla en 2014, on a eu...

Lire la critique

il y a 1 an

23 j'aime

7

Killer Joe
WallydBecharef
8
Killer Joe

McConaughey au sommet

Fini le cinéma hollywoodien édulcoré, avec une morale et tutti cuanti. Fini le cinéma indépendant qui choque pour choquer, sans réel sens derrière, ni même beauté. Friedkin est de retour, 6 ans après...

Lire la critique

il y a 9 ans

22 j'aime

3

Zack Snyder's Justice League
WallydBecharef
4

"Dostoevsky", Snyder Cut

Evacuons d'entrée les quelques bons points. Il faut avouer que c'est assez prodigieux d'arriver à une telle cohérence sur un film de 4h qui a autant été massacré et dont le tournage s'est étalé sur...

Lire la critique

il y a 1 an

12 j'aime

18