Il y a du Flaubert dans ce Chabrol !

Avis sur La Femme infidèle

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Comment développer la psychologie des personnages à travers la répétition des gestes quotidiens -leçon numéro 1- . Charles et Hélène forment un couple bourgeois, heureux en apparence dans leur grande demeure proche de Paris.

Lui est un peu guindé, rigide; elle est jolie, sensuelle. Nous devinons rapidement que Charles doute de la fidélité de sa femme, et dès les premières scènes, nous comprenons tout. Cependant, et c'est là que réside à la fois toute la force et la lourdeur du cinéma de Chabrol, le fait ne sera acquis que très tard dans le film.

C'est donc à travers Les scènes banales de la vie courante que vont se construire l'intrigue et l'évolution des personnages. Les repas le soir à la maison, le coucher, les trajets sont l'occasion de faire évoluer lentement la relation entre les personnages, les humeurs changent, chacun se tend un peu plus au fur et à mesure que passent les jours de cette vie monotone.

Le réalisateur en profite comme à son habitude pour brosser un portrait sans bienveillance de la bourgeoisie dans la France figée de l'époque. Chabrol pointe les faiblesses de l'homme, sans concession. Seuls les personnages féminins bénéficient d'une forme d'empathie. En cela, ses films ressemblent beaucoup à la littérature de Flaubert.

Comme chez Flaubert , cette répétition trop démonstrative, engendre une sensation de lourdeur. Le doute, qui est pourtant brillamment amené dès les premières minutes avec le coup de fil surpris par le mari, est alimenté durant cinquante minutes, rappelé à chaque scène.

Eh Claude, on avait compris !

La seconde partie du film (l'intrigue policière) est pour le coup moins développée, ce qui est dommage, puisqu'elle marque l'entrée en scène de l'excellent Michel Duchaussoy que l'on voit trop peu.

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